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13.07.2023

Centrale nucléaire de Fukushima : l’eau radioactive doit être déversée dans

Centrale nucléaire de Fukushima : l’eau radioactive doit être déversée dans

Le 11 mars 2011, l’un des accidents nucléaires les plus graves depuis la catastrophe nucléaire de Tchernobyl s’est produit dans la centrale atomique de Fukushima, à la suite d’un séisme. S’est ensuivie une panne de courant qui, à son tour, a été responsable de la défaillance des systèmes de refroidissement de chacun des réacteurs peu de temps après la catastrophe. La chaleur résiduelle dans le cœur du réacteur a entraîné la surchauffe des barres de combustible, qui ont fondu en partie et ont rejeté des matières radioactives (fusion du cœur).

Aujourd’hui encore, les rejets radioactifs font partie du quotidien dans cette région. En effet, les réacteurs détruits doivent toujours être refroidis avec de l’eau. L’eau utilisée, contaminée, se mélange aux pluies et à la nappe phréatique et s’infiltre. Actuellement, plus de 1,3 million de tonnes d’eau contaminée sont stockées dans un millier de cuves. D’après le groupe exploitant Tepco, la place vient à manquer et les cuves ne sont pas à l’abri de nouveaux séismes potentiels.

 

L’eau contaminée doit être rejetée dans la mer après filtrage

Tepco a proposé comme solution de filtrer d’abord l’eau contaminée, puis de la déverser dans la mer. Toutefois, le système n’est pas en mesure de filtrer le tritium, un isotope radioactif. Selon les déclarations de Tepco et de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), il n’y aurait pas de danger, car le tritium, à de faibles quantités, est inoffensif pour l’humain et l’environnement et que l’eau est diluée. La concentration est censée baisser considérablement. Si la quantité d’eau de mer pour la dilution ne suffisait pas, ou si la concentration demeurait élevée, il existe une vanne d’urgence qui stopperait les rejets.

Tandis que les avis des experts sont mitigés, l’AIEA a entrepris l’inspection des travaux sur les installations d’élimination des déchets et a approuvé le projet de Tepco. Le directeur de l’Agence atomique, Rafael Grossi, estimait que le Japon répondait aux normes de sécurité internationales.

 

Critiques émises par différentes parties

Parallèlement aux critiques de certains spécialistes, de nombreux pêcheurs de la région s’élèvent également contre l’élimination de l’eau de refroidissement planifiée par Tepco. Ils craignent une détérioration de la situation et ne seraient pas en mesure d’évaluer les suites des plans. Certes, ils ont reçu des indemnités de la part du gouvernement, mais ils craignent une nouvelle atteinte à leur réputation. En outre, le gouvernement aurait convenu de clarifier avec toutes les parties l’évacuation de l’eau, mais les pêcheurs n’auraient pas été consultés.

Dans des pays voisins comme la Chine, les projets du Japon se heurtent à un refus. Le gouvernement sud-coréen, qui critiquait auparavant les intentions du Japon, respecte maintenant les résultats de l’AIEA. Les projets d’évacuation devraient débuter dès cet été.

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10.07.2023

Risques potentiels de la centrale nucléaire de Zaporizhia, Ukraine

Risques potentiels de la centrale nucléaire de Zaporizhia, Ukraine

La centrale nucléaire ukrainienne de Zaporizhia, désormais occupée par la Russie, a été le point de départ de débats récurrents sur la politique de sécurité suite à l’invasion à grande échelle des troupes russes en février 2022, qui ont certes confirmé le risque d’une éventuelle explosion, mais dont l’ampleur n’est pas comparable à la catastrophe nucléaire de Tchernobyl par exemple.

Ces derniers jours, la situation de la centrale nucléaire a été alimentée par de nouvelles rumeurs selon lesquelles des troupes russes auraient installé des explosifs sur l’installation. Officiellement, ces rumeurs n’ont toutefois pas pu être confirmées. Une éventuelle explosion est toutefois techniquement difficile à mettre en œuvre, car les blocs de réacteur sont heureusement équipés de plusieurs murs épais et consolidés pour les protéger. De plus, la centrale nucléaire a été arrêtée entre-temps, ce qui réduirait fortement l’exposition aux radiations en cas d’attaque potentielle, par exemple par une explosion, et serait probablement limité au niveau régional. Un risque subsiste toutefois.

Dans le même temps, le CIPR estime que le risque de fuite de radiations est élevé malgré les mesures de sécurité mises en place. Il parvient à cette estimation car la probabilité d’un endommagement direct ou accidentel d’un réacteur ou d’autres composants critiques permettant le fonctionnement sûr de l’installation, ainsi que l’erreur humaine du personnel travaillant dans des conditions de stress et de tension croissantes, resteraient présentes.

En cas d’endommagement éventuel de l’installation, la région environnante pourrait être marquée pour des siècles par la contamination de l’environnement par du césium ou du strontium radioactifs. En effet, les matières libérées auraient des répercussions sur les écosystèmes, l’agriculture, la sécurité alimentaire, la santé des personnes, y compris en ce qui concerne les générations futures.

Bien que les avis puissent diverger quant au risque de dommage, on peut affirmer que le danger ou la possibilité d’un dommage réel existe.

08.06.2023

Rupture de barrage à Kachowka, Kherson

Rupture de barrage à Kachowka, Kherson

La destruction du barrage ukrainien le 6 juin 2023 près du village de Kakhovka, situé au sud et occupé par les Russes, a des conséquences importantes pour la région, dont l’ampleur ne peut pas encore être évaluée. Le barrage fait partie d’une série de six barrages le long du Dniepr et est le dernier avant l’ouverture sur la mer Noire. Le barrage produisait de l’électricité, refroidissait la centrale nucléaire de Zaporijia et fournissait de l’eau aux populations locales.

En raison de la destruction, les eaux sont arrivées jusqu’à la ville de Kherson, située sur le delta du Dniepr et à une centaine de kilomètres de l’infrastructure détruite. Au total, 24 localités ont été touchées par les inondations. Jusqu’à présent, environ 3000 personnes ont pu être évacuées des deux côtés du front. Actuellement, on estime grossièrement que 40 000 personnes sont touchées par les inondations sur la rive droite du fleuve, contrôlée par l’Ukraine, contre 25 000 dans les zones occupées par les Russes de l’autre côté.

Les inondations ont déjà causé d’importants dommages à la population, aux infrastructures, à la nature et aux animaux. Les conséquences potentielles de la destruction du barrage vont encore augmenter. La baisse du niveau d’eau dans le barrage de Kachowksa à un certain niveau peut signifier une pénurie d’eau pour 200 000 personnes. La mise en place de mines le long de la rivière peut avoir pour conséquence qu’elles soient désormais emportées vers des endroits inattendus. Les matières fécales ou les produits chimiques des usines qui se retrouvent dans l’eau peuvent provoquer des épidémies ou des maladies. La centrale électrique du barrage contenait du pétrole, qui s’est également déversé dans l’eau et de nombreux poissons sont déjà morts à cause de l’eau contaminée. De plus, les habitats d’animaux tels que les oiseaux sont détruits. Les conséquences de la rupture du barrage sont donc multiples et étendues et marqueront malheureusement la région pour longtemps.

Alors que l’UE et les États européens ont déjà promis un soutien d’une valeur de 170 millions, quelque 800 sauveteurs ukrainiens et bénévoles apportent leur aide sur place. Green Cross Switzerland est active depuis 2022 avec des actions d’aide pragmatiques pour la population en Ukraine. Outre l’approvisionnement des personnes touchées en systèmes de traitement de l’eau, par exemple à Kherson ou à Mikolaïev, et d’autres aides, nous avons soutenu les sauveteurs du service d’État pour les situations d’urgence après les inondations du printemps dans le nord de l’Ukraine en leur fournissant un moteur de bateau. Green Cross Switzerland examine actuellement les possibilités de fournir une aide supplémentaire à la population touchée par les inondations dans la région autour du lac de barrage détruit.

 

26.04.2023

Journée de commémoration de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl

Journée de commémoration de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl

En ce 26.4.2023, nous commémorons pour la 37e fois la catastrophe nucléaire de Tchernobyl. Le 26 avril 1986, à 1 h 23, des matières radioactives s’échappaient du bloc 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl suite à un accident de réacteur. Les matières rejetées sont parvenues jusqu’en Europe occidentale, mais ont surtout contaminé fortement les régions environnantes. Aujourd’hui encore, des personnes et l’environnement des régions de l’actuel Bélarus, de la Russie et de l’Ukraine, souffrent des conséquences de cette catastrophe. Outre les répercussions négatives sur la santé dues aux rejets radioactifs, l’accident de réacteur a également entraîné une dégradation sociale et économique dans ces régions.

Dès les années 1990, Green Cross Switzerland a lancé la mise en œuvre de projets humanitaires pour les victimes de ces catastrophes d’origine humaine dans les trois pays fortement contaminés par la radioactivité. À cette fin, le programme SOCMED (Social and Medical Care and Education) a été mis en place. Il fournit une assistance sur le plan médical, psychologique et social en misant sur le principe «aider à s’aider soi-même». C’est ainsi que des camps thérapeutiques pour enfants et adolescents ont été organisés ou que des contrôles médicaux ont été menés à l’aide du bus Green Cross dans des localités reculées.

Ces opérations d’assistance ont pu être assurées jusqu’en 2022, mais ont dû être fortement limitées, voire suspendues pour l’heure, en raison de la guerre en Ukraine. Dans le pays où s’est produit la catastrophe nucléaire, aucun projet ne peut être mis en œuvre dans la région de Tchernobyl pour le moment à cause de la guerre. Toutefois, au début du conflit, Green Cross Switzerland a apporté une aide humanitaire d’urgence aux populations locales en fournissant, par exemple, des médicaments ou des denrées alimentaires. Par ailleurs, les préparatifs pour le Jardinage social, qui sera reconduit en 2023, sont de nouveau à l’ordre du jour au Bélarus. Ce projet a pour but de fournir aux enfants en condition de précarité une nourriture plus variée, plus riche en nutriments et plus saine par le biais de fruits et légumes frais produits dans les jardins sociaux.

La guerre en Ukraine a également conduit à une réactualisation des événements de Tchernobyl. L’occupation de la centrale nucléaire de Tchernobyl du 24 février au 31 mars par l’armée russe montre encore aujourd’hui les dangers que représente une usine atomique pour les personnes et l’environnement. Green Cross Switzerland saisit l’occasion de la commémoration de la catastrophe de Tchernobyl pour évoquer le souvenir des victimes et des personnes touchées par l’accident de réacteur et par la guerre.