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05.12.2025

Énergie solaire pour établissements vulnérables

Énergie solaire pour établissements vulnérables

Depuis quelques semaines, Green Cross Switzerland (GCCH) reçoit de plus en plus de demandes de soutien pour la mise en place de systèmes solaires dans les régions proches du front, notamment dans les oblasts de Soumy, Kharkiv et Tchernihiv. Ces demandes proviennent d’établissements médicaux, d’écoles et de jardins d’enfants, qui doivent souvent faire face à des coupures d’électricité pouvant durer jusqu’à 19 heures.

Nous souhaitons vous montrer, à travers l’exemple du jardin d’enfants « Lisova Kazka » (« Le Conte de la forêt ») à Tchernihiv, à quel point le soutien de GCCH peut transformer la situation de telles structures.

Au fil de la guerre en Ukraine, la question d’un approvisionnement indépendant en électricité est devenue cruciale. Les fréquentes coupures de courant représentent un défi particulier pour les jardins d’enfants tels que « Lisova Kazka », car les enfants sont particulièrement sensibles aux horreurs de la guerre et dépendent encore davantage que les adultes de la chaleur et de la lumière. Il est essentiel qu’ils puissent se sentir en sécurité.

C’est pourquoi nous avons installé dans ce jardin d’enfants une centrale solaire d’une puissance de 50 kW. Elle bénéficie désormais à quelque 250 enfants âgés de deux à six ans, ainsi qu’à 30 éducatrices et éducateurs et 37 autres membres du personnel. La dépendance au réseau électrique central a ainsi été fortement réduite. Tant que le réseau électrique fonctionne, les batteries également installées sur place peuvent être rechargées aussi bien avec de l’énergie solaire que l’électricité  du réseau. Le jardin d’enfants dispose donc de deux moyens pour surmonter les coupures de courant.

Pourquoi GCCH a-t-il choisi de soutenir précisément ce jardin d’enfants?

La ville de Tchernihiv subit des bombardements constants. Les coupures d’électricité pouvant durer jusqu’à 12 heures y sont actuellement monnaie courante. La région du même nom, déjà très pauvre, portait les stigmates de la catastrophe de Tchernobyl bien avant la guerre. Elle constitue donc l’un des axes prioritaires de notre engagement.

Le jardin d’enfants accueille en outre des enfants ayant des besoins particuliers, souvent particulièrement affectés par les horreurs de la guerre. Ils sont encadrés dans un groupe qui leur est spécialement consacré. Des groupes spécialisés sont de plus dédiés aux enfants souffrant de troubles du langage. En raison des alertes aériennes, les enfants doivent souvent passer plusieurs heures dans des abris. Grâce à la nouvelle solution énergétique renouvelable, ils peuvent désormais le faire avec moins d’appréhension.

Le jardin d’enfants a été endommagé au cours des combats. Grâce au soutien des autorités éducatives et de plusieurs organisations humanitaires, dont GCCH, d’importants travaux de reconstruction ont pu être réalisés : remplacement des fenêtres, modernisation du système de chauffage, rénovation des salles de groupe, aménagement d’abris et installation d’une nouvelle aire de jeux.

L’installation du système solaire doté d’un dispositif de stockage d’éléctricité constituait la prochaine étape logique vers une plus grande autonomie énergétique, une sécurité renforcée et un développement durable. Aujourd’hui, le jardin d’enfants peut fonctionner sans interruption et offrir aux enfants chaleur, lumière, repas équilibrés et un environnement d’apprentissage stable – même lors de coupures de courant.

Pour la directrice, Nataliia Prymakova, cette solution apporte « la certitude que, même dans les moments les plus difficiles, nous pouvons continuer à être présents pour nos enfants. L’énergie solaire est une source de vie pure : elle offre à nos enfants lumière, sécurité et espoir. »

Par ailleurs, ce projet contribue à renforcer la sensibilisation environnementale au sein de la communauté et permet aux enfants d’acquérir très tôt une compréhension de l’importance des énergies renouvelables.

Face à l’urgence croissante, nous souhaitons aujourd’hui intensifier notre action et équiper d’autres établissements vulnérables situés dans les régions proches du front de solutions énergétiques renouvelables. En cette période de Noël et au cœur d’un hiver une fois de plus très rigoureux, la solidarité de philanthropes comme vous devient une lueur d’espoir précieuse – un véritable cadeau pour la population ukrainienne.

13.10.2025

L’histoire de Phuong

L’histoire de Phuong

Un partenaire de projet exceptionnel

Aujourd’hui, nous souhaitons partager avec vous l’histoire d’une victime de l’agent orange qui, malgré des circonstances extrêmement difficiles, a su maîtriser sa vie avec succès.

Nguyen Ngoc Phuong est né le 6 avril 1981 dans le village de Chau Son 1, commune de Que An, près de la montagne Duong La, dans la province de Quang Nam.

Il est venu au monde après moins de sept mois de grossesse, ne pesant que 800 grammes pour moins de 20 centimètres – à peine un quart du poids d’un nouveau-né moyen et moins de la moitié de sa taille.

Phuong a grandi sur une colline, entouré d’une végétation dense et sombre. Tandis que les autres enfants allaient à l’école, il tombait souvent malade. Sa très petite taille à la naissance et sa santé fragile l’empêchaient d’apprendre. Certains parents interdisaient même à leurs enfants de jouer avec lui – avec ce garçon qui passait ses journées entre quatre murs.

À l’époque, personne ne comprenait la cause de son handicap. Certains y voyaient une malédiction : les parents de Phuong auraient, pensait-on, à expier les fautes d’ancêtres dans une vie antérieure. Rejet par la communauté et désespoir accompagnaient la famille au quotidien.

En 1987, sa sœur cadette, Nguyen Thi Hieu, vint au monde – elle aussi avec un handicap. La famille vivait dans une grande pauvreté. Mais malgré leur souffrance et contrairement à d’autres parents qui rejetaient leurs enfants handicapés, les parents de Phuong et de Thi Hieu étaient déterminés à tout faire pour permettre à leurs enfants de bénéficier d’un traitement.

Vers l’âge de 9 ou 10 ans, Phuong, incapable de dormir la nuit, entendait sa mère tousser sans répit. Il éprouvait pour elle une immense compassion. Un jour, d’anciens camarades de son père vinrent leur rendre visite et lui dirent : « Tu as été exposé à l’agent orange. C’est pour cela que tes enfants sont handicapés. »

À cet instant, Phuong voulut mourir pour mettre fin à la souffrance de sa mère. Mais il savait aussi qu’il ne pouvait pas l’abandonner – elle qui l’avait aimé et protégé depuis toujours.

À 11 ans, il prit une décision : quitter son village, devenir indépendant et changer de vie.

Le chemin vers l’autonomie

L’amour de ses parents, mais aussi le rejet et la douleur, donnèrent à Phuong la force de partir pour la ville afin d’y apprendre un métier.

À cause de sa petite taille, personne ne voulait d’abord l’accepter. Alors il observa attentivement comment on rechargeait les briquets dans les stations-service. Avec l’argent reçu pour le Nouvel An lunaire, il s’acheta quelques outils et un briquet vide, puis commença à recharger ceux de ses voisins et de son père.

Adolescent, il suivit une formation d’horloger.

Vers 19 ou 20 ans, il partit à Hô Chi Minh-Ville pour apprendre l’électronique dans un atelier. En le voyant arriver soigneusement vêtu, son futur chef plaisanta : « Chérie, regarde, un extraterrestre vient demander à être apprenti. Tu crois qu’on devrait le prendre ? »

Après une période d’essai, l’homme lui remit douze boîtes pleines de vis à trier. Phuong les tria avec soin. Impressionné, son maître lui dit : « Ce dont j’ai besoin, c’est de ta tête, pas du reste. » Il lui proposa alors une formation, avec le même salaire que tous les autres. Phuong resta dix ans à ses côtés.

Aujourd’hui, malgré les obstacles, grâce à sa détermination et à sa persévérance, Phuong est devenu enseignant. Il transmet son savoir et accompagne des dizaines d’enfants qui, comme lui, ont connu la souffrance et l’exclusion.

Une vie empreinte de courage

La vie et la volonté inébranlable de Nguyen Ngoc Phuong et de sa sœur, Nguyen Thi Hieu, illustrent de manière bouleversante comment, même dans les circonstances les plus dures, il est possible de trouver la force d’espérer et d’avancer.

Phuong s’occupe aujourd’hui de victimes de l’agent orange, ainsi que d’enfants et d’adolescents défavorisés, dans un centre de jour à Da Nang. Ce centre, soutenu par Green Cross Switzerland et géré par la DAVA (« Da Nang Association for Victims of Agent Orange »), est un lieu d’accueil, d’apprentissage et d’espoir situé dans la ville de Da Nang.

Tout le monde n’a pas sa force – c’est là que nous intervenons !

Le parcours exceptionnel de Phuong n’aurait pas été possible pour beaucoup d’autres personnes dans une situation similaire. Il n’a réussi à s’en sortir que grâce à sa volonté, à son intelligence et à l’amour indéfectible de ses parents.

Mais beaucoup d’autres victimes de l’agent orange attendent encore, souvent en vain, une aide qui ne vient pas, et voient leur vie basculer dans la détresse. Depuis plus de 25 ans, Green Cross Switzerland s’engage au Vietnam pour que ces personnes ne soient pas oubliées et reçoivent le soutien qu’elles méritent. Grâce à la solidarité de nos donatrices et donateurs, nous pouvons, ensemble, transformer durablement des vies.

La photo illustrant cet article a été prise par Roland Schmid.

10.04.2025

Interview avec le partenaire de projet Peter Jenni

Interview avec le partenaire de projet Peter Jenni

Son amour pour le Vietnam et ses habitants anime l’action philanthropique de Peter Jenni. Avec son épouse Tran Thi Hiep, ce Suisse, qui vit au Vietnam depuis décembre 2016, a fondé le Charity Project Krong Buk (CPKB). Cette association, basée en Suisse, apporte depuis 2020 un soutien social précieux aux personnes dans le besoin, dont de nombreuses victimes des séquelles de l’utilisation de l’Agent Orange durant la guerre du Vietnam. Beaucoup d’entre elles souffrent de handicaps mentaux ou physiques graves. C’est aussi dans ce domaine que s’inscrit la collaboration avec Green Cross Switerzland (GCCH), en place depuis deux ans. Ce partenariat constitue un complément précieux aux autres projets de GCCH au Vietnam. Le CPKB apporte une aide concrète, de la joie et de l’espoir aux personnes qui ont besoin d’un soutien. Lorsque cela est possible, il ouvre aussi la voie à une amélioration autonome de leurs conditions de vie.

Avec cette interview, nous souhaitons faire mieux connaître Peter Jenni et le travail du CPKB que nous soutenons à nos donatrices et donateurs ainsi qu’à toute personne intéressée. Les questions ont été posées par Samuel Müller-Zwahlen, collaborateur de GCCH et historien.

Cher Peter, qui es-tu ? Comment te décrirais-tu et quel est ton parcours de vie ?
En un mot : je suis un « Seebueb » [« un garçon du lac »]. Ce sont plutôt les autres qui devraient me décrire. Mais je peux dire que je suis un homme avec deux patries. D’un côté, je suis un citoyen suisse convaincu. De l’autre, j’ai choisi de passer la deuxième partie de ma vie au Vietnam, que je considère comme ma seconde patrie.

Pour en revenir au « Seebueb » : je suis né à Zurich-Seebach [nomen est omen !], mais j’ai passé la majeure partie de mon enfance et de ma jeunesse à Rüschlikon, au bord du lac de Zurich. Cela m’a profondément marqué. À Rüschlikon, il y avait un centre autonome pour les jeunes où j’ai siégé très jeune au comité. Plus tard, je me suis marié et mes deux fils, Marc et Jan, sont nés en 1990 et 1992. Ils ont grandi au bord du lac de Walenstadt, où nous avons vécu pendant plus de 20 ans.

Au Vietnam aussi, j’ai été attiré par l’eau. Je voulais une maison en bord de mer. Cela ne s’est pas fait pour deux raisons : d’une part, vivre en bord de mer est très coûteux, d’autre part, j’avais des réserves liées au changement climatique, notamment à la montée du niveau de la mer et à la fréquence accrue des tempêtes. À Nha Trang, la ville côtière où j’ai d’abord habité, j’ai vécu une telle tempête et j’en ai conclu que ce n’était pas une option pour moi. Puis ma femme a trouvé un beau terrain au bord d’un lac. C’est ainsi que je vis à nouveau au bord d’un lac.

Alors c’est clair : le lac est ton chez-toi.
Oui ! Aujourd’hui encore, chaque fois que j’arrive près d’un lac, je prends un instant pour m’arrêter. Les lacs me donnent un sentiment de stabilité. Je suis attiré par le regard porté vers l’horizon – qui n’est certes pas infini, mais étendu.

Comment es-tu venu au Vietnam ?
C’est une histoire un peu longue. J’ai travaillé durant 20 ans à mi-temps dans la communication pour le contrôle alimentaire et l’office vétérinaire de Saint-Gall. L’autre moitié de mon temps de travail était consacrée à ma propre entreprise, TEXTartelier. Parallèlement, je participais à des courses de VTT. Un jour, tout cela est devenu trop lourd pour moi – un burn-out menaçait. Heureusement, j’ai demandé de l’aide à temps. Mon thérapeute m’a conseillé une pause prolongée, que le canton de Saint-Gall m’a permis de prendre. J’ai profité de cette pause pour faire du vélo, plus tranquillement. En regardant la carte, j’ai découvert le Vietnam que je ne connaissais pas auparavant. J’ai alors planifié un voyage à vélo du nord au sud du pays. Après environ six semaines, je suis arrivé à Nha Trang et j’ai décidé : je veux vivre au Vietnam. Le climat et la joie de vivre des habitants m’ont conquis. La vie ici est plus simple et sans doute plus joyeuse qu’en Suisse.

Depuis un hôtel à Saigon, j’ai commencé à organiser mon expatriation. Cela s’est avéré faisable. Pendant cette période, j’ai rencontré ma femme. Je suis ensuite retourné pendant un an en Suisse pour faire mes adieux et préparer mon déménagement.

Entre-temps, on m’a diagnostiqué un cancer de la langue. J’ai dû subir une opération et des radiothérapies. J’ai dit aux médecins : « Faites ce que vous voulez, mais à la fin de l’année, je pars pour le Vietnam. » Un de mes médecins, un gros fumeur à la barbe impressionnante, m’a demandé ce que je comptais manger là-bas, vu mes capacités limitées. Ma réponse : « Manger de la bière et boire du vin ! » Cela l’a convaincu. Aujourd’hui, je me débrouille bien. Le système médical est de bonne qualité – malheureusement seulement pour ceux qui peuvent se le permettre.

Y a-t-il d’autres choses qui te fascinent particulièrement au Vietnam ? De même que des sujets qui te préoccupent ? Comment décrirais-tu ce pays à un Suisse qui ne l’a jamais vu ?
À quelques exceptions près – comme certaines démarches administratives –, la vie au Vietnam est vraiment beaucoup plus décontractée et simple. En général, les gens sont très ouverts, joyeux et serviables. En Suisse, on n’a pas l’habitude que des inconnus vous abordent, alors qu’au Vietnam c’est courant. J’apprécie aussi beaucoup le fait qu’on n’ait pas à craindre de se faire voler son téléphone ou son portefeuille. Par contre, il faut être vigilant quand on pose une question : au lieu d’un « je ne sais pas », on peut recevoir une fausse réponse, car les gens admettent difficilement ne pas savoir. Ils apprécient la vie tranquille, mais sont très travailleurs. Personne ne se demande si c’est samedi ou dimanche. Mais ils prennent aussi volontiers le temps de se retrouver joyeusement, surtout à la campagne. Contrairement à la Suisse, on est rarement seul. Cela va de pair avec la cohabitation intergénérationnelle dans une même maison, qui est courante – et souvent nécessaire, voire vitale. Beaucoup de personnes âgées dépendent du soutien de leurs enfants. Il y a peu de maisons de retraite et les rentes de vieillesse sont très faibles – quand elles existent. On croise des personnes plus aisées surtout en ville, dans des hôtels chics par exemple. Elles peuvent paraître parfois ostentatoires, souvent ce sont des nouveaux riches.

Ce qui me préoccupe, c’est la pauvreté. Pour quelqu’un qui vit comme moi, elle est très palpable.

Tu t’engages activement dans ce domaine. Comment est né le Charity Project Krong Buk ?
Le matin, quand je sortais de chez moi en moto, par exemple pour aller prendre un café, j’étais souvent de mauvaise humeur. Puis j’ai pu entrer en contact avec le peuple Ede, une minorité qui vit dans mon quartier, généralement dans des maisons longues composées d’une seule pièce, souvent situées dans des zones boueuses et marécageuses. Des enfants sales et joyeux me croisaient fréquemment en riant. Leur joie était contagieuse ! Je me demandais : pourquoi sont-ils si heureux ? Et pourquoi suis-je, moi Peter Jenni, si grognon ? Le désir d’aider ces enfants s’est fait fort en moi.

Ma femme s’est renseignée auprès de la commune sur les besoins des enfants Ede. Il s’est avéré que les familles manquaient souvent d’argent pour le matériel scolaire – livres, ustensiles d’écriture, sacs à dos – qu’elles devaient financer elles-mêmes, y compris l’uniforme scolaire. Les enfants dont la famille ne peut payer l’uniforme sont exclus de certaines activités scolaires. Par ailleurs, le système scolaire vietnamien repose aussi sur des cours de soutien que les enseignants donnent pour compléter leur salaire très bas, cours payés par les parents. Ma femme a donc commencé à dialoguer avec les écoles. Nous avons financé entre autres des sacs à dos et des manuels scolaires.

Rapidement, il est apparu nécessaire de structurer cette aide. J’ai alors décidé de créer une association à but non lucratif à Appenzell, en Suisse, en ayant aussi recours à mes contacts dans le pays.

Qu’est-il arrivé ensuite ?
Les premiers dons sont vite arrivés, ainsi que de plus en plus de demandes d’aide. Depuis, nous soutenons les personnes dans le besoin dans notre région de Đắk Lắk. Nous ne donnons jamais d’argent, mais toujours des aides en nature – en collaboration avec la commune, les écoles, l’union des femmes ou l’organisation pour la jeunesse du Parti communiste vietnamien. Sans ces partenaires, nous ne pourrions pas fournir une aide efficace. Nous ne pourrions pas non plus mener toutes les investigations et vérifications nécessaires.

Comment vous assurez-vous vous-mêmes de l’efficacité de votre aide ?
Nous évaluons aussi nous-mêmes si notre aide est appropriée. Par exemple, certaines familles touchées par l’Agent Orange qui font appel à nous reçoivent déjà suffisamment d’aide provenant d’autres sources ; dans ce cas, nous leur opposons un refus au profit d’autres personnes qui ont plus besoin de nous. Ce qui fonctionne bien aussi, c’est l’aide à l’autonomie : par exemple, nous mettons à disposition une vache dont nous sommes propriétaires et recevons en échange une part des produits obtenus. Nous prenons aussi en charge certains coûts, comme les examens et traitements vétérinaires. Ce modèle existe depuis un an et les premiers versements arrivent. Plutôt que de recevoir seulement de l’aide, les bénéficiaires deviennent ainsi des partenaires actifs. Ils contribuent eux-mêmes à l’amélioration de leur situation et prennent leurs responsabilités.

Comment est née la collaboration avec GCCH, qui dure depuis environ deux ans ?
Lors de la création de l’association, je cherchais des membres pour le comité. Mon cher ami, le pasteur et collaborateur de GCCH Jakob Vetsch, m’est alors venu à l’esprit. J’ai été alors le premier journaliste à écrire, il y a environ 30 ans, sur son service de conseil en ligne. Par ailleurs, Roland Wiederkehr, le fondateur de GCCH, a été mon instituteur à l’école primaire d’Uitikon-Waldegg. J’ai toujours suivi son travail, même si nous avions perdu contact après l’école. Bien sûr, la problématique de l’Agent Orange me lie aussi à l’engagement de GCCH. C’est grâce à cette coopération que j’ai pris conscience de la force de votre engagement, durable et efficace. C’est formidable de pouvoir accomplir beaucoup avec relativement peu de dons : par exemple, 300 francs suisses suffisent pour financer une place en accueil de jour durant toute une année pour un enfant gravement touché par l’Agent Orange. De plus, cela permet aux proches de travailler et de sortir leur famille de la pauvreté.

Tu as déjà évoqué ta motivation pour cet engagement, peux-tu la développer un peu plus ?
Environ 50 % du peuple Ede est analphabète. Selon moi, le premier pas essentiel hors de la pauvreté est l’éducation. C’est pourquoi nous mettons l’accent sur l’école, comme levier d’une aide durable. De petites aides – comme une calculatrice à 8 francs que la famille ne peut pas s’offrir – peuvent faire une grande différence. L’éducation permet aux jeunes de sortir les membres de leur famille d’une pauvreté extrême. Par exemple, certain·e·s trouvent un emploi en ville et peuvent ainsi subvenir aux besoins de leur famille. C’est pour moi une motivation essentielle.

Tout récemment, nous avons à nouveau distribué des sacs à dos scolaires dans une école – la joie était immense et m’a profondément touché. Ces enfants sont heureux de pouvoir aller à l’école, tout simplement. Ils sont profondément reconnaissants pour des choses qui nous semblent, à nous, tout à fait évidentes.

Y a-t-il d’autres projets couronnés de succès dont tu voudrais souligner l’efficacité ?
Oui, en plus de l’exemple déjà mentionné de la collaboration avec les écoles, je pense notamment à la livraison de repas pour des personnes en grande détresse, que nous pouvons organiser grâce à GCCH. J’aimerais illustrer cela à travers l’exemple d’une femme dans les quatre-vingts ans. Sa fille, âgée d’une quarantaine d’années, a été gravement atteinte par l’Agent Orange et nécessite des soins et une assistance constants. Elle ne peut que rester couchée, soit sur un lit, soit à même le sol. La première fois que je l’ai vue, elle ne faisait que crier. C’était très dur à supporter. Et pourtant, on m’a dit ensuite qu’elle s’était énormément réjouie de ma visite.
Il n’est pas possible de placer cette femme dans un centre spécialisé. Sa mère, donc dans les quatre-vingts ans, doit à la fois travailler et s’occuper de sa fille. Avec seulement 40 francs suisses, nous pouvons leur fournir les denrées alimentaires essentielles pendant un mois entier – un petit investissement qui fait une énorme différence.
Il est également très précieux que nous puissions identifier les personnes affectées par l’Agent Orange et organiser pour elles des examens médicaux et une aide adaptée. Dans ce domaine, nous collaborons efficacement avec GCCH, mais aussi, par exemple, avec la DAVA (« Da Nang Association for Victims of Agent Orange »).

Y a-t-il une expérience particulièrement marquante pour toi sur le plan émotionnel ?
De manière générale, les rencontres avec des personnes lourdement handicapées me touchent profondément. Cela va droit au cœur. C’est parfois à peine supportable. Mais cela donne aussi beaucoup : ne pas rester impuissant, mais pouvoir contribuer activement à l’amélioration de leur situation. Ce qui me touche particulièrement, c’est la gaîté et la gratitude immenses dont ces personnes font preuve, comme je l’ai déjà décrit. La joie des personnes gravement handicapées est parfois difficile à comprendre pour nous. Mais les proches qui les connaissent bien m’assurent : oui, elles se réjouissent réellement.

Et quel a été jusqu’à présent le plus grand défi ?
Le plus important est de réussir à collecter suffisamment de dons pour financer les projets. À part cela, nous maîtrisons bien le travail sur le terrain. Mon épouse est responsable des achats de biens humanitaires, moi de la collecte de fonds. Pour ce qui est de l’évaluation et de la mise en œuvre des projets, nous nous en occupons ensemble.
Un problème qui mériterait d’être davantage pris en compte est celui des déchets sauvages (le littering), qui représente un grand défi au Vietnam. Là aussi, on pourrait agir au niveau de l’éducation, en renforçant la conscience environnementale des populations – en particulier chez les enfants et les jeunes.

Quels sont tes souhaits pour l’avenir ?
Tout d’abord, je tiens à remercier GCCH. Cette collaboration est précieuse pour moi à deux niveaux : d’une part, elle me permet de garder un lien fort avec ma deuxième patrie, la Suisse. D’autre part, le travail de GCCH fait une vraie différence pour les personnes concernées.
Ce que je souhaite, c’est que ce travail puisse se poursuivre durablement. Et que nous puissions continuer à nous soutenir mutuellement.

Nous ne pouvons que te retourner ces remerciements du fond du cœur. Pour nous, il est essentiel d’avoir des partenaires sur place qui partagent nos valeurs et en qui nous pouvons avoir pleinement confiance.
Je suis tout à fait d’accord – et je me réjouis de notre future collaboration !

Nous aussi, cher Peter – un grand merci pour cet entretien !

21.03.2025

L’héritage toxique de la guerre du Vietnam

L’héritage toxique de la guerre du Vietnam

Un exemple édifiant : c’est ce que représente la guerre du Vietnam pour notre époque actuelle, marquée par les crises et les conflits. Son histoire illustre les ravages durables des guerres et la manière dont la souffrance perdure bien au-delà de la fin des hostilités, se répercutant sur plusieurs générations.

Le 30 avril de cette année marquera le cinquantième anniversaire de la fin de la guerre du Vietnam. Les conséquences multiples de ce conflit pour la population vietnamienne restent dramatiques, malgré le demi-siècle écoulé. Les séquelles sociales et psychologiques de la guerre sont encore profondément ancrées. D’innombrables mines et bombes non explosées jonchent toujours le sol, obligeant des milliers de personnes à vivre dans la peur. Cinquante ans plus tard, ces vestiges de la guerre continuent de blesser, mutiler et tuer. Mais un autre héritage tragique persiste : l’utilisation du défoliant surnommé « agent orange » par l’armée de l’air américaine et les alliés des États-Unis entre 1965 et 1970 a eu des conséquences désastreuses qui perdurent encore aujourd’hui.

Des enfants continuent de naître avec de graves handicaps physiques et mentaux liés à l’agent orange. Déjà, la quatrième génération est touchée, et le phénomène ne montre aucun signe d’essoufflement. Malheureusement, les efforts pour venir en aide aux victimes restent largement insuffisants. C’est précisément là qu’intervient Green Cross Switzerland (GCCH), engagée au Vietnam depuis 1998. L’une de nos missions essentielles est de fournir régulièrement des équipements orthopédiques aux personnes affectées par l’agent orange. Pour de nombreuses personnes, ces prothèses et orthèses sont indispensables pour gagner en autonomie et s’intégrer dans la société. Pourtant, elles demeurent inaccessibles pour la plupart des victimes, car leur coût élevé n’est pas pris en charge par l’assurance maladie.

Cette année, GCCH élargit non seulement ses projets d’aide au Vietnam par rapport à l’année précédente : l’impact de ses actions est également mis en lumière par la télévision suisse. Un reportage de l’émission « mitenand » sur SRF 1, diffusé le dimanche 23 mars à 19h15 (désormais disponible ici, en allemand), témoigne de l’impact éminemment positif des prothèses financées par GCCH. Il raconte l’histoire de Quyet, un garçon vietnamien de 9 ans dont la vie a été fondamentalement améliorée grâce à cette aide précieuse. L’histoire de Quyet illustre parfaitement ce que nous avons déjà accompli – et ce que nous continuerons à réaliser – pour des milliers de personnes, grâce au précieux soutien de nos partenaires et à la générosité de nos donateurs et donatrices.

En outre, GCCH participe à l’exposition « Une guerre sans fin. L’héritage toxique de la guerre du Vietnam – 50 ans après » :

Les personnes intéressées sont cordialement invitées à participer au vernissage le 17 avril à 18h. Ce sera l’occasion d’échanger avec des représentantes et représentants de Green Cross, de découvrir l’exposition avec nous et bien sûr d’en apprendre davantage sur notre engagement au Vietnam. Nous nous réjouissons de vous y rencontrer !

Les photos présentées dans l’exposition ont été réalisées par le photographe primé Roland Schmid. Il travaille depuis de nombreuses années avec notre partenaire, le journaliste indépendant, également photographe et cinéaste, Peter Jaeggi. Peter Jaeggi est notamment l’auteur du livre informatif et émouvant « Krieg ohne Ende. Chemiewaffen im Vietnamkrieg, Agent Orange und andere Kriegsverbrechen » (Guerre sans fin. Les armes chimiques dans la guerre du Vietnam, l’agent orange et autres crimes de guerre). Nous vous recommandons vivement la lecture de ce livre. Vous en apprendrez plus ici (article disponible en allemand et anglais uniquement).

Liens complémentaires :

La photo de cet article a été prise par Roland Schmid.

20.03.2025

Au Vietnam depuis 22 ans aux côtés des victimes de «l’agent orange»

L’équipe de GCCH a rencontré le Dr Daniel Hueskes et son fils Benjamin Hueskes. L’occasion pour les deux orthopédistes de nous parler de leur travail bénévole: la fourniture d’appareillages orthopédiques et la réalisation d’interventions chirurgicales sur des enfants et des jeunes adultes souffrant de handicaps.

Avant son premier voyage au Vietnam en 2003, Daniel Hueskes posa la question suivante à son fils: «Benjamin, qu’en penses-tu? Est-ce que c’est la bonne décision?» Son fils lui répondit alors ceci: «Oui, il te faudra juste renoncer à tes vacances.» C’est ainsi qu’il débuta sa coopération avec Green Cross Suisse il y a 22 ans.

L’une des priorités des projets d’orthopédie est qu’ils doivent avoir un impact durable. Fort de son expérience dans un autre projet, dans le cadre duquel il avait équipé 30 enfants d’orthèses puis, lors d’un contrôle de suivi, avait hélas dû constater que plus aucun des appareillages n’était présent sur leurs jambes, Daniel Hueskes se dit en 2003:

«Non, plus jamais ça! J’aimerais impliquer les (chirurgiens) orthopédistes locaux, et que le suivi médical soit réalisé avec des matériaux que l’on peut trouver au Vietnam. À défaut de pouvoir utiliser des matériaux de pointe, il faut encourager l’aide à l’entraide.»

Chez les enfants, dont la croissance est rapide, il est important que les orthèses et les prothèses puissent être renouvelées au bout d’un an. «Dès lors que la personne qui a confectionné la prothèse se trouve sur place, elle peut l’adapter en conséquence et fabriquer un nouveau plâtre», indique Daniel Hueskes.

Et Benjamin Hueskes d’ajouter: «L’idée est la suivante: former les gens au Vietnam pour qu’ils puissent réaliser le suivi médical eux-mêmes, y compris en notre absence. Cela a déjà été fait par le passé. Nous fournissons tout simplement un soutien ou conduisons des formations. Nous n’emmenons rien qui vienne de Suisse. L’idée n’est pas que les locaux nous demandent de fabriquer des plâtres et que nous les leur fournissions. Non, nous les confectionnons ensemble, sur place. Nous les aidons et nous les conseillons, mais ils sont parfaitement capables de faire cela eux-mêmes.»

Pour l’essentiel, les orthèses et prothèses nécessaires sont produites au Vietnam. Un point qui a son importance, car il faut tenir compte de plusieurs facteurs, dont par exemple l’humidité relative de l’air. Dans des cas exceptionnels, les orthopédistes vont au Vietnam en emportant du matériel depuis Bâle. Actuellement, ils préparent le suivi médical d’une jeune femme. Celle-ci n’a pas de tibia et ses os sont anormalement courts. Sans prothèse, elle marche sur son articulation. Pendant la pandémie, elle a été équipée de prothèses qui, néanmoins, pèsent 3,5 kg. Elle vient d’obtenir son premier emploi et se réjouit de pouvoir mener une vie autonome. Au travail, elle doit néanmoins porter ses lourdes prothèses en permanence. Raison pour laquelle deux éléments d’adaptation pour pied prothétique viennent de Suisse. Des éléments qui pèsent au moins 1,5 kg de moins, ce qui facilitera quelque peu le quotidien de la jeune femme.

«Je voulais savoir s’il voulait vivre»

Dans le cadre de leur bénévolat, Daniel et Benjamin Hueskes ont fait la connaissance de nombreuses personnes frappées par le destin. Nous leur avons demandé si, parmi les gens qu’ils avaient rencontrés au Vietnam jusqu’à aujourd’hui, il y avait une histoire qui leur était particulièrement restée en mémoire. «Oui», a répondu le Dr Hueskes avec émotion.

C’est quoi, l' »agent orange »?

L’agent orange est un défoliant chimique contenant de la dioxine (TCDD), un composant extrêmement toxique. Il doit son nom aux bandes de couleur orange peintes sur les fûts dans lesquels il était stocké. Au total, l’armée de l’air américaine en a épandu 45 677 837 litres entre 1962 et 1971, afin de détruire la jungle et de se donner un avantage stratégique dans la guerre du Vietnam. L’agent toxique TCDD perdure très longtemps dans l’environnement, et il est encore présent aujourd’hui dans les sols, les cours d’eau et, par conséquent, la chaîne alimentaire. Ce poison entraîne des mutations génétiques héréditaires, des malformations et de graves maladies.

Dr. Daniel Hueskes

Dès les années 1960, à l’époque des malformations dues au Contergan, Daniel Hueskes développe et fabrique des équipements orthopédiques innovants pour les enfants nés avec des membres atrophiés ou manquants.

La prise de Contergan, un médicament somnifère et sédatif, entraîne une recrudescence des malformations graves et de membres manquants chez les nouveau-nés.

13.12.2023

L’énergie solaire en Ukraine

L’énergie solaire en Ukraine

L’énergie solaire n’est pas un sujet nouveau en Ukraine, mais a pris de plus en plus d’importance dans l’État au cours des dernières années. C’est ce qui ressort d’un rapport d’état publié conjointement en 2021 par la Commission économique pour l’Europe des Nations unies (CEE-ONU) et le Renewable Energy Policy Network for the 21st Century (REN21). L’étude a examiné l’énergie renouvelable dans 17 pays d’Europe de l’Est, du Caucase, d’Asie centrale et d’Europe du Sud-Est entre 2017 et 2021. Elle constate que la capacité d’énergie renouvelable dans la région a considérablement augmenté (de 21 gigawatts = 1 milliard de watts, à 106 GW), le photovoltaïque représentant la plus grande augmentation avec 58%. Les auteurs constatent qu’en Ukraine, l’énergie renouvelable a connu une croissance particulièrement forte.

L’Ukraine est sur la bonne voie, mais des possibilités d’extension existent

Parmi les 17 pays (dont l’Ukraine, la Russie et le Kazakhstan), c’est l’Ukraine qui a connu la plus forte croissance en matière d’énergie éolienne et solaire, avec plus de 8 GW. Avec l’équivalent de 3,4 milliards de dollars, le pays s’est classé au 17e rang mondial en termes d’investissements dans les énergies renouvelables. Dans ce contexte, l’énergie solaire est encouragée à l’intérieur du pays sur les surfaces au sol et également chez les particuliers. Les investissements publics et privés sont toutefois plutôt modestes dans la région. Alors que dans l’UE, par exemple, les investissements dans l’énergie verte s’élevaient à plus de 55 milliards de dollars US en 2018, les fonds engagés dans l’énergie renouvelable dans la région étudiée s’élevaient à environ 7,2 milliards de dollars US la même année. De même, selon la CEE-ONU, l’Ukraine reste fortement dépendante des combustibles fossiles, qui représenteront 70% de son approvisionnement en énergie primaire en 2020.

Invasion russe de l’Ukraine et dommages aux infrastructures

L’invasion de l’Ukraine par l’armée russe a en outre fortement réduit la production d’énergie renouvelable. Selon le rapport, en juin 2022, 90% de l’ancienne capacité d’énergie éolienne et 30% de la puissance solaire n’étaient plus en service.

La destruction ciblée de l’infrastructure n’a donc pas seulement touché le secteur énergétique ukrainien, mais aussi et surtout les établissements de santé et d’enseignement. Jusqu’en octobre 2023, plus de 4000 établissements d’enseignement et de santé ont été endommagés et plus de 150 000 bâtiments d’habitation détruits. Il est donc évident que l’approvisionnement en électricité est lui aussi fortement menacé.

Le rétablissement de l’approvisionnement en électricité grâce au photovoltaïque constitue donc également une opportunité pour le pays. Cependant, la guerre ne permet pas actuellement de développer davantage l’industrie solaire en Ukraine, qui doit se concentrer principalement sur sa survie. Le soutien à l’Ukraine dans le maintien de l’énergie solaire est déjà en cours. Par exemple, le Bundesverband Solarwirtschaft e.V. (BSW) a soutenu une installation photovoltaïque sur le toit d’une école à Irpin dans le cadre de la campagne de dons « Solar hilft ». En outre, le BSW, en collaboration avec SolarPower Europe et l’Ukrainian Solar Energy Association (ASEU), a pour objectif, grâce à d’autres actions de dons, de lutter contre les coupures de courant récurrentes dans les écoles et les hôpitaux en raison de la guerre, en utilisant l’énergie solaire.

Scénario potentiel d’approvisionnement en énergie renouvelable d’ici 2050

La CEE-ONU estime que le potentiel de la bioénergie, de l’énergie hydraulique, de l’énergie solaire et de l’énergie éolienne est particulièrement élevé en Ukraine et que ces énergies pourraient constituer à l’avenir les éléments constitutifs du système énergétique de l’Ukraine et contribuer à environ 80% de la production totale d’énergie d’ici 2050. Même après la fin de la guerre, le défi consistera à mettre en œuvre des investissements et des stratégies de grande envergure de manière ciblée. Il est toutefois certain qu’avec l’énergie nucléaire, les énergies renouvelables peuvent conduire l’Ukraine vers un avenir neutre en carbone.

L’engagement de Green Cross Switzerland en faveur des énergies renouvelables

Une gestion durable de notre planète, basée sur des connaissances scientifiques, est importante pour Green Cross Switzerland depuis sa fondation et a encore gagné en importance ces dernières années. C’est pourquoi nous prévoyons l’année prochaine, en 2024, de promouvoir et de soutenir de manière ciblée l’approvisionnement en énergie renouvelable en Ukraine. L’objectif est de soutenir la population avec des énergies renouvelables dans les régions directement touchées par la guerre et, d’autre part, la région proche de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl.

 

 

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07.12.2023

Une équipe d’experts bénévoles à nouveau en mission au Vietnam à l’automne 2023

Une équipe d’experts bénévoles à nouveau en mission au Vietnam à l’automne 2023

Depuis 2004, des orthopédistes et des médecins suisses s’engagent bénévolement en coopération avec Green Cross Switzerland pour les victimes de l' »Agent Orange » et se rendent généralement une à deux fois par an au Vietnam. Les spécialistes suisses travaillent en étroite collaboration avec le personnel spécialisé local, le forment et échangent leurs expériences. Les connaissances techniques sont également transmises par les experts suisses au centre de formation des techniciens orthopédiques (Vietcot) à Hanoi. Green Cross Switzerland soutient l’équipe d’experts en lui fournissant l’infrastructure, le matériel et la logistique.

Un nouveau voyage au Vietnam a été organisé à l’automne 2023, auquel participeront les orthopédistes Dr. med. h.c. Daniel Hueskes et Benjamin Hueskes ainsi que les médecins Jiri Skarvan et Christiane Brinkmann y ont participé. Ils ont également visité le Vietcot au cours d’un séjour de deux semaines. Les médecins ont procédé à des anamnèses, des examens et des traitements, principalement sur des enfants et des adolescents. Grâce à cette visite prolongée, le personnel spécialisé local a pu être instruit en conséquence. Outre la visite du Vietcot, l’équipe a également visité des hôpitaux locaux à Hanoi ou Thai Nguyen.

Aide sur place

Durant cette période, 11 patients du Vietcot et 15 patients de l’hôpital pédiatrique de Vinh, souffrant de paralysie cérébrale ou d’autres maladies de l’appareil locomoteur ou ayant des pieds bots, ont été examinés avec succès par les spécialistes suisses. Comme le transfert de connaissances au Vietcot (centre de formation) joue un rôle central dans la professionnalisation du personnel de santé, des orthopédistes ou des infirmiers en formation ont participé aux examens. En outre, Benjamin Hueskes (CPO-D) et Cedric Pischel (OT) ont organisé un séminaire sur les prothèses pour les techniciens orthopédistes. Au cours de ce séminaire de 5 jours, 5 patients ont été équipés de prothèses par les participants. A Thai Nyguen, en plus des 21 examens, 9 opérations ont été réalisées et 4 enfants ont reçu des prothèses et des orthèses.

La coopération avec l’équipe d’experts bénévoles est particulièrement précieuse pour Green Cross Switzerland. Outre l’engagement en faveur des personnes touchées par l’agent orange, l’équipe sert également de lien avec les partenaires locaux ou les établissements de santé et le transfert international de connaissances. Green Cross Switzerland remercie chaleureusement pour cette longue collaboration et se réjouit d’accueillir le Dr. med. h.c. Daniel Hueskes et Dr. med. Claude Müller dans le patronage en octobre 2023.

12.09.2023

Destruction des infrastructures en Ukraine

Destruction des infrastructures en Ukraine

La destruction des infrastructures (critiques) n’a cessé d’augmenter depuis l’invasion russe de février 2022. Les opérations de guerre endommagent (in)volontairement et régulièrement des maisons privées, des appartements ou des infrastructures accessibles au public, comme par exemple des centres commerciaux, des ponts ou des routes. La destruction du barrage de Kachovka près de Kherson est un exemple tragique de la mise hors service d’infrastructures critiques.

Une grande partie de la destruction et de la détérioration des infrastructures a lieu près des fronts à l’est et au sud-est du pays. Mais des régions situées à l’écart des zones de guerre sont également régulièrement touchées ; des missiles se sont par exemple abattus sur Kiev en juin. Les attaques russes ne tuent pas seulement directement des personnes et des animaux, elles endommagent également les infrastructures concernées. De plus, la reconstruction est coûteuse et les autorités régionales ne peuvent pas toujours couvrir tous les dommages, ce qui rend les gens dépendants de l’aide.

La Kyiv School of Economics a calculé que d’ici avril 2023, le montant total des dommages directs et documentés causés à l’infrastructure ukrainienne par l’invasion russe s’élèvera à 147,5 milliards de dollars. Entre-temps, ce montant doit – et devra – encore être revu à la hausse. Alors qu’environ un tiers de ce montant est dû aux dommages ou à la destruction des habitations (54,4 milliards de dollars), les dommages aux infrastructures sont estimés à un quart (environ 36,2 milliards de dollars).

Les attaques contre les ports le long du Danube dans le sud-est de l’Ukraine montrent que la destruction des infrastructures peut aussi, dans le pire des cas, se transformer en catastrophe mondiale. Depuis le mois d’août, de nombreuses attaques de drones russes n’ont cessé d’endommager ou de détruire l’infrastructure des ports, car c’est auprès de ces infrastructures que l’on charge le blé qui est utilisé pour l’exportation. La destruction du blé n’a pas seulement entraîné des pertes négatives pour l’économie de l’Ukraine, elle pose également d’autres défis aux pays destinataires.

La contribution de Green Cross Switzerland à la remise en état des infrastructures

La destruction des infrastructures (critiques) en Ukraine est également un thème central pour Green Cross Switzerland. Dans son travail en Ukraine, la fondation se concentre non seulement sur la livraison de systèmes de purification de l’eau potable et de biens humanitaires, mais aussi sur la réparation d’infrastructures et la livraison d’objets de la vie quotidienne. Au printemps, un moteur de bateau a été mis à la disposition des sauveteurs du service d’État pour les situations d’urgence de Novhorod-Siwerskyj. L’infrastructure technique a aidé à sauver les victimes des inondations dans le nord-est du pays. En été, plus de 200 enfants de la région de Cherson et de Mikolajiv ont en outre reçu des sacs à dos pour l’école quotidienne et des fenêtres détruites ont pu être financées grâce au soutien de Green Cross Switzerland. D’autres aides seront planifiées à ce moment-là.

La reconstruction des infrastructures en Ukraine prendra quelques années. C’est pourquoi Green Cross Switzerland s’est fixé pour objectif de participer également à la reconstruction à l’avenir.

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08.08.2023

Journée internationale de commémoration de l’agent orange

Journée internationale de commémoration de l’agent orange

Le 10 août, le monde entier se souvient des victimes touchées et affectées par l’utilisation du défoliant « Agent Orange » le même jour de l’année 1961 à 1971. En pleine guerre du Vietnam, les troupes américaines ont utilisé cet herbicide pour découvrir les cachettes des armées nord-vietnamiennes, protégées par la jungle. D’autre part, cette substance hautement toxique a été utilisée pour détruire les céréales qui pouvaient nourrir les membres de l’armée.

L’agent orange a malheureusement eu un effet agressif sur les personnes concernées et sur l’environnement local. Les séquelles de cette utilisation sont encore perceptibles aujourd’hui. En effet, même de petites quantités d’un composant de l’agent orange, appelé tétrachlorodibenzodioxine (TCDD), peuvent provoquer des cancers, des lésions organiques ou des malformations chez les enfants. Chez les Vietnamiens, l’exposition à l’agent orange est ainsi considérée comme la cause d’un nombre inhabituellement élevé de fausses couches, de maladies de la peau, de cancers, de malformations congénitales et d’anomalies de naissance, qui apparaissent depuis les années 1970.

L’Association vietnamienne des victimes de l’agent orange estime qu’il y a plus de trois millions de victimes de l’agent orange et que des centaines de milliers de Vietnamiens et de militaires américains souffrent des effets tardifs de l’herbicide. Jusqu’à présent, les États-Unis n’ont apporté qu’une petite contribution à l’amélioration de la situation ; leur soutien s’adresse en premier lieu à leurs propres anciens combattants.

Afin que les conséquences pour les victimes de l’agent orange ne tombent pas dans l’oubli, le Vietnam a instauré une journée de commémoration de l’agent orange, soutenue par de nombreuses ONG, institutions sociales ou personnes individuelles. C’est aussi l’occasion pour différentes communautés – des Vietnamiens aux soldats américains en passant par les familles de ceux qui ont perdu la vie – de se rassembler pour soutenir tous ceux qui continuent à souffrir des effets de l’agent orange.

C’est pourquoi Green Cross Switzerland s’engage depuis plus de 20 ans en faveur des victimes de l’agent orange et tente d’atténuer leurs souffrances. C’est pourquoi Green Cross Switzerland s’engage également pour la Journée de l’Agent Orange et souhaite rendre hommage à toutes les victimes du défoliant. L’engagement en faveur des personnes concernées continuera d’être un objectif important dans le travail de la fondation.

19.07.2023

La lutte contre les déchets au Sri Lanka

La lutte contre les déchets au Sri Lanka

Les abus d’origine humaine touchent aussi, et surtout, des créatures innocentes. Au Sri Lanka, de grandes quantités de déchets se sont accumulées dans des décharges au fil des ans. Mais comme cela empiète sur l’habitat des éléphants, ces mammifères en viennent à manger involontairement une partie des déchets plastiques, surtout des plastiques à usage unique. En effet, beaucoup d’éléphants peuvent accéder librement aux ordures et le Sri Lanka compte plus de 50 décharges à ciel ouvert. Il n’y a pas de barrières pour empêcher les animaux de rechercher de la nourriture sur ces décharges.

Ce mode d’alimentation est lourd de conséquences pour les animaux: chaque année, plus de cinq éléphants meurent des suites de la consommation de plastique. Des spécialistes ont pu constater cet état de fait sur la base d’autopsies pratiquées sur les animaux. Au Sri Lanka, les éléphants sont d’ores et déjà menacés d’extinction. L’île compte encore environ 6 000 éléphants vivant à l’état sauvage.

En outre, les bouteilles, emballages et sachets plastiques sont tenus pour responsables de boucher les canalisations et de provoquer des inondations dans les villes, ainsi qu’une augmentation de la dengue, maladie potentiellement mortelle et propagée par les moustiques qui couvent dans des eaux stagnantes.

 

Protection des éléphants par l’interdiction du plastique à usage unique

Le gouvernement sri-lankais a tenté de réagir face à cette situation en interdisant depuis juin 2023 la fabrication et la vente de plastique à usage unique. Il y a six ans déjà, la vente de sacs en plastique non biodégradables était interdite. Ces mesures sont aujourd’hui élargies: la vente p. ex. de couverts en plastique, de shakers à cocktail ou de vaisselle en plastique est désormais passible de sanctions.

Les défenseur·e·s de l’environnement s’interrogent sur l’efficacité de ces lois. Il y a déjà eu des tentatives d’endiguer le volume des déchets, mais même là, les décrets ont été largement ignorés puisque des fabricants ont continué à produire certains articles plastique.

Sous l’effet de la crise économique amorcée fin 2021, la problématique des déchets s’est encore aggravée. Ces derniers ont commencé à s’accumuler, car les camions à ordures manquaient de carburant.

 

Problématique des déchets également préjudiciable aux êtres humains

Dans ce pays d’Asie du Sud peuplé de 22 millions d’habitants, plus de 1,5 million de tonnes de déchets plastiques sont produits chaque année et la moitié d’entre eux finissent dans des canaux, des rivières puis, finalement, dans l’océan Indien. Par ailleurs, seulement 3% des déchets plastique sont recyclés. Selon une étude du Centre pour la justice environnementale, 15% des déchets proviennent de matières plastique à usage unique (p. ex. pailles, emballages alimentaires, sachets). Cette grande quantité de déchets plastiques, et le fait que ces derniers ne soient pas éliminés correctement, sont en corrélation avec l’augmentation des cas de dengue, qui sont passés de 35 000 cas en 2021 à 77 000 en 2022.

Les lois doivent maintenant contribuer à résoudre le problème des déchets dans le pays, pour que, espérons-le, il n’y ait plus d’éléphants qui meurent et pour que moins de personnes soient touchées par la fièvre.

Vous trouverez plus d’informations ici :