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10.08.2026

Journée commémorative de l’Agent Orange

Journée commémorative de l’Agent Orange

Aujourd’hui, le 10 août 2026, nous marquons la Journée commémorative de l’Agent Orange, en mémoire du début de l’utilisation des défoliants pendant la guerre du Vietnam, il y a exactement 65 ans. Cette journée particulière nous donne l’occasion d’attirer l’attention sur les conséquences graves et persistantes de l’épandage de l’Agent Orange, qui se font sentir jusqu’à aujourd’hui. L’Agent Orange a été utilisé pendant la guerre du Vietnam par l’armée de l’air américaine et ses alliés. À ce jour, des dizaines de milliers de personnes au Vietnam souffrent encore de maladies graves, de handicaps et de malformations liés à l’exposition à la dioxine, hautement toxique.

Le Centre-Vietnam, en particulier la ville de Hué et la province de Quang Tri, compte parmi les régions les plus durement touchées par les séquelles à long terme de la guerre, et notamment de l’utilisation de l’Agent Orange. De nombreuses personnes handicapées et victimes de l’Agent Orange font aujourd’hui encore face à des défis considérables dans les domaines de la santé, des conditions de logement et de vie, de la sécurité économique et de la participation sociale.

Pour de nombreuses familles, les difficultés financières et une infrastructure non accessible constituent des obstacles majeurs dans la vie quotidienne. Ils réduisent les chances des personnes concernées de mener une vie autonome et accroissent en même temps leur dépendance au soutien et aux soins de leurs proches.

Afin d’améliorer la qualité de vie des personnes concernées, de renforcer leur autonomie et de favoriser leur participation sociale, Green Cross Switzerland (GCCH), en collaboration avec l’Action to the Community Development Institute (ACDC), met en œuvre un programme de soutien global dans la ville de Hué et dans la province de Quang Tri. Ce programme comprend des mesures de réadaptation, la fourniture d’aides techniques, un soutien à la sécurité économique, l’amélioration de l’accès à l’eau potable, la promotion des énergies renouvelables, ainsi que des mesures d’adaptation des logements pour les rendre accessibles.

Logements accessibles

Un volet central du programme consiste à créer des logements accessibles pour les personnes handicapées – des handicaps liés à l’Agent Orange ou aux mines de guerre encore présentes dans les sols. L’accessibilité du logement est une condition essentielle pour que les personnes concernées puissent vivre en sécurité, de manière autonome et dans la dignité. Des obstacles architecturaux tels que des toilettes non accessibles, des marches à l’entrée des maisons, des sols glissants, l’absence de barres d’appui ou des installations sanitaires déficientes demeurent des problèmes considérables dans la vie quotidienne de nombreuses personnes concernées. Ils limitent fortement leur autonomie au quotidien et accroissent leur dépendance envers leurs proches. Il en résulte également un risque de chute latent permanent, ainsi que d’autres problèmes, comme l’absence de toilettes hygiéniques adéquates.

Dans le cadre du programme de soutien, des obstacles architecturaux sont donc éliminés dans 40 foyers ce juillet et août et les adaptations nécessaires y sont réalisées. Le domicile des personnes concernées en deviendra plus sûr, leur permettant de mener leurs activités quotidiennes avec davantage de confort et d’indépendance. Les adaptations sont toujours effectuées en fonction des besoins individuels et des conditions de vie propres à chaque foyer, en concertation avec les autorités locales.

Approvisionnement en eau potable

Outre les obstacles au sein même du logement, l’accès à l’eau potable représente également un défi majeur pour de nombreux Vietnamiens vivant dans les zones rurales de la province de Quang Trị, en particulier pour les personnes handicapées et les victimes de l’Agent Orange. Beaucoup d’entre elles dépendent de sources d’eau non sécurisées, telles que des puits forés ou creusés de manière privée. Dans les régions montagneuses, les habitants tirent souvent leur eau de ruisseaux ou d’autres sources non traitées. La qualité de l’eau varie en outre selon la région et la saison, ce qui peut avoir des répercussions directes sur la santé et les conditions de vie de la population.

Pour les personnes handicapées, cette situation s’avère particulièrement pénible du fait de leur mobilité réduite. Beaucoup dépendent du soutien de membres de leur famille pour s’approvisionner en eau. Il n’est pas rare que la source d’eau la plus proche se trouve loin de leur domicile. Cela alourdit non seulement la charge de soins et d’accompagnement pesant sur les proches, mais restreint également les possibilités, pour les personnes concernées, de mener une vie plus autonome.

L’approvisionnement en eau potable pose également des défis aux institutions qui fournissent des services et des offres de prise en charge importants pour les personnes handicapées. Ainsi, plusieurs postes de santé (!) situés en zones rurales doivent encore recourir à de l’eau non traitée ou à des systèmes d’approvisionnement en eau vétustes. Cela nuit considérablement tant à la qualité des soins de santé qu’à l’accès de la population locale aux soins médicaux de base.

Plusieurs établissements de prise en charge pour personnes handicapées ne disposent par exemple pas de capacités de stockage d’eau suffisantes pour couvrir leurs besoins quotidiens en eau. Cela vaut en particulier pendant la saison sèche ou en cas d’interruption de l’approvisionnement en eau.

Dans le cadre du projet mis en œuvre par GCCH et ACDC, des mesures adaptées aux besoins sont donc prévues pour améliorer l’approvisionnement en eau potable. Celles-ci comprennent le forage de puits, l’installation de systèmes de filtration d’eau dans les foyers, le raccordement aux réseaux d’eau courante existants, la construction de réservoirs de stockage d’eau, ainsi que la création d’accès facilités à l’eau potable dans 23 foyers où vivent des personnes handicapées. Les personnes concernées et les responsables des cinq établissements de prise en charge soutenus bénéficieront en outre de conseils sur l’utilisation sûre de l’eau, sur le fonctionnement et l’entretien des systèmes d’approvisionnement en eau, ainsi que sur la protection des sources d’eau. Ces mesures seront mises en œuvre entre août et octobre 2026.

Pour les personnes handicapées et les victimes de l’Agent Orange – en particulier celles vivant dans des familles à faible revenu et exposées à un risque de pauvreté –, la transformation ou la rénovation des espaces de vie et l’accès facilité à l’eau potable contribuent de manière déterminante à l’amélioration des conditions d’hygiène et de santé. Ces mesures permettent en outre de réduire les difficultés de la vie quotidienne, de renforcer l’autonomie des personnes concernées dans leur prise en charge et de diminuer leur dépendance envers leurs proches. Enfin, elles contribuent à renforcer la dignité, la sécurité, la qualité de vie générale des personnes concernées ainsi que leur participation sociale.

19.06.2026

De la lumière pour les plus vulnérables

De la lumière pour les plus vulnérables

Pour de nombreuses personnes en Ukraine, l’approvisionnement électrique instable est devenu l’une des plus grandes épreuves du quotidien. Les coupures de courant massives liées à la guerre ont littéralement fait trembler le pays l’hiver dernier. Même durant la saison chaude, l’approvisionnement énergétique peu fiable continue d’assombrir le quotidien.

Les habitants sont souvent contraints de se rendre dans des abris. Si le courant y vient également à manquer, la situation s’aggrave considérablement. Les personnes les plus vulnérables sont les plus touchées : enfants, personnes âgées, malades et personnes en situation de handicap.

La situation est particulièrement critique dans les établissements publics tels que les écoles, les jardins d’enfants et les hôpitaux. Depuis le printemps 2025, notre organisation partenaire Green Crystal reçoit de nombreuses demandes d’aide provenant de la région structurellement défavorisée de Tchernihiv. Des établissements essentiels pour la population signalent des coupures de courant allant jusqu’à 19 heures par jour. Les solutions d’alimentation de secours font souvent totalement défaut ou sont largement insuffisantes.

 

Sept installations solaires déjà réalisées avec succès

Afin d’aider le plus grand nombre de personnes possible à surmonter ces coupures de courant, Green Cross Switzerland (GCCH) installe des systèmes solaires avec batteries de stockage dans des établissements publics.

À ce jour, GCCH et Green Crystal Ukraine ont installé avec succès sept installations solaires.

Au total, environ 4’000 personnes bénéficient directement de ces mesures – dont plus de 3’000 enfants et adolescents.

Le lycée de Sosnytsia en est un exemple. L’école a été équipée d’une installation solaire hybride de 50 kW et alimente aujourd’hui de manière fiable environ 540 élèves ainsi que 56 membres du personnel. Ce système illustre bien pourquoi les batteries de stockage sont tout aussi importantes que les panneaux solaires en Ukraine. Elles compensent les variations saisonnières et garantissent un approvisionnement énergétique fiable même lorsque l’ensoleillement est faible. En septembre, l’installation a produit 3,89 MWh grâce à un fort rayonnement solaire, couvrant ainsi 57 % de la consommation totale. Durant les mois d’hiver, lorsque la production solaire diminue nettement, c’est le système de batteries qui prend le relais – à hauteur de 42 % en décembre et de 55 % en février – garantissant ainsi que le fonctionnement essentiel se poursuive sans interruption.

« En tant qu’enseignante et mère, il est très important pour moi que les enfants puissent apprendre dans des conditions sûres et stables. Grâce à l’installation solaire, les cours au lycée peuvent se poursuivre sans interruption même en cas de coupure de courant. Cela rassure les parents et ouvre de nouvelles perspectives pour les enfants. »
Nataliia Koshova, professeure d’anglais et mère d’un élève

 

Un projet à fort impact régional

L’impact de ces projets va bien au-delà du fonctionnement régulier des établissements.

Plusieurs établissements sont devenus, lors des coupures de courant, des points de ralliement importants pour leurs communautés. Les habitants y trouvent refuge, peuvent recharger leurs téléphones portables, se réchauffer ou recevoir une aide de base.

L’approvisionnement en eau a également été considérablement renforcé grâce au projet. Grâce à l’énergie solaire alimentant les stations de pompage, l’approvisionnement en eau potable des villages de Syadryne et Savynky reste assuré même en cas de coupures de courant prolongées.

 

Aide d’urgence et développement durable à la fois

Le projet solaire de GCCH en Ukraine allie aide humanitaire immédiate et coopération au développement à long terme.

Il répond non seulement aux conséquences directes de la guerre, mais renforce également durablement les structures locales. Au cœur de cette démarche se trouve le principe de « l’aide à l’autonomie », auquel GCCH se conforme systématiquement.

Pour garantir un impact à long terme, les installations sont accompagnées par les mesures de durabilité suivantes,
entre autres :

  • Fonds de durabilité pour les communes
    Une partie des coûts énergétiques économisés alimente un fonds de durabilité local, conformément au « Municipal Energy Reinvestment Model » (MERM). Les économies financières restent entièrement au sein des communes et sont réinvesties, par le biais des processus budgétaires communaux, dans de futurs projets énergétiques et de durabilité.
  • Renforcer l’éducation et les perspectives d’avenir
    Les établissements participants sont soutenus afin d’agir comme « Sustainability Ambassadors » (ambassadeurs de la durabilité) dans leur région. Des séances d’information sensibilisent la population aux énergies renouvelables, à la durabilité et à une gestion responsable des ressources.

Les élèves en particulier bénéficient d’un aperçu concret des métiers d’avenir dans les domaines de l’énergie, de l’environnement et du développement durable. Des spécialistes transmettent leurs connaissances sur les professions de demain et créent de nouvelles perspectives pour les jeunes dans une région marquée par la guerre et les séquelles de la catastrophe de Tchernobyl.

 

Une énergie porteuse d’espoir

Chaque installation solaire mise en place représente bien plus qu’une simple infrastructure technique.
Elle signifie de la lumière dans les moments d’obscurité, de la chaleur dans les instants froids et de la sécurité au cœur de l’incertitude.

Comme de nombreux établissements continuent d’avoir un besoin urgent d’un approvisionnement énergétique stable, GCCH poursuit le développement du projet, grâce au soutien continu de nos donatrices et donateurs.

 

Aperçu : installations solaires & batteries de stockage déjà réalisées dans la région de Tchernihiv

Lycée Oleksandr Dovjenko à Sosnytsia
Puissance de l’installation : 50 kW
Capacité de la batterie de stockage : 100 kWh
Installation : juin 2025
Nombre de personnes : environ 540 élèves et 75 membres du personnel

Jardin d’enfants « Lisova Kazka » (« Le conte de la forêt ») à Tchernihiv
Puissance de l’installation : 50 kW
Capacité de la batterie de stockage : 100 kWh
Installation : novembre 2025
Nombre de personnes : environ 250 enfants et 67 membres du personnel

Station de pompage d’eau pour les villages de Syadryne et Savynky
Puissance de l’installation : 30 kW
Capacité de la batterie de stockage : 100 kWh
Installation : janvier/avril 2026
Nombre de personnes : environ 1000 habitants

Lycée et jardin d’enfants « Sonechko » à Sedniv
Puissance de l’installation : 50 kW
Capacité de la batterie de stockage : 100 kWh
Installation : janvier/avril 2026
Nombre de personnes : environ 140 élèves, 18 enfants de jardin d’enfants, 54 membres du personnel

Gymnasium n° 3 à Tchernihiv
Puissance de l’installation : 50 kW
Capacité de la batterie de stockage : 100 kWh
Installation : janvier/avril 2026
Nombre de personnes : environ 1800 élèves et 134 enseignants

Jardin d’enfants n° 4 « Verselka » à Korioukivka
Puissance de l’installation : 50 kW
Capacité de la batterie de stockage : 50 kWh
Installation : janvier/mars 2026
Nombre de personnes : environ 200 enfants et 57 enseignants

Centre éducatif et de réhabilitation à Sosnytsia*
Puissance totale des panneaux solaires : environ 32,5 kW
Capacité totale des batteries de stockage : environ 30 kWh
Installation : avril 2025
Nombre de personnes : environ 90 enfants en situation de handicap et 63 membres du personnel

*Sur ce site, 13 kits solaires indépendants ont été installés dans le cadre d’un projet pilote. Chaque kit solaire comprend un panneau solaire, un onduleur et une batterie de stockage. Les kits ne sont pas reliés entre eux et fonctionnent de manière indépendante.

21.04.2026

Tchernobyl, 40 ans après : la catastrophe n’est pas terminée

Quatre décennies après la catastrophe de Tchernobyl, ses conséquences se font encore sentir. Parmi les effets directs et indirects figurent des séquelles sanitaires à long terme, comme le cancer de la thyroïde, ainsi que le déclin économique persistant des régions environnantes. Green Cross Switzerland profite de cet anniversaire pour rappeler l’ampleur de la tragédie et attirer l’attention sur les grands défis actuels.

Aux premières heures du 26 avril 1986, l’une des catastrophes d’origine humaine les plus graves de l’histoire s’est produite à la centrale nucléaire de Tchernobyl. Les explosions dans le réacteur ont libéré de grandes quantités de substances radioactives. Ce n’est que progressivement que les habitants de la région, mais aussi les populations occidentales, ont appris l’existence de l’accident.

Tchernobyl, situé dans l’Ukraine actuelle, faisait alors partie de l’Union soviétique, présidée par Mikhaïl Gorbatchev. En étroite collaboration avec le lauréat du prix Nobel de la paix, Green Cross Switzerland s’est ensuite engagée pendant de nombreuses années en faveur des populations locales. Et aujourd’hui encore, les conséquences de la catastrophe sont loin d’être surmontées. Le réacteur endommagé continuera d’émettre des niveaux de radiation dangereusement élevés pendant encore des générations.

« Même 40 ans après Tchernobyl, les conséquences de la catastrophe restent une réalité amère pour de nombreuses personnes. La guerre en Ukraine aggrave encore une situation déjà très difficile », déclare Martin Bäumle, directeur général de Green Cross Switzerland.

Car dans le même temps, la guerre en Ukraine plonge la région dans une nouvelle crise. Green Cross reste néanmoins sur place, tant que les séquelles tardives de la catastrophe nucléaire et les horreurs de la guerre en Ukraine pèsent lourdement sur la vie des populations.

Green Cross se tient à la disposition des professionnels des médias pour leur offrir un aperçu de son travail. Le conseiller national Martin Bäumle, directeur général de Green Cross Switzerland, qui s’est personnellement entretenu avec Gorbatchev des conséquences de l’accident, est disponible pour des interviews. Il est prêt à partager son analyse de l’évolution de la situation et de l’état actuel des choses.

Martin Bäumle : +41 79 358 14 85

Pour les demandes écrites : media@greencross.ch

21.04.2026

40 ans de Tchernobyl

40 ans de Tchernobyl

Vieilles cicatrices, nouvelles blessures: Quarante ans après la catastrophe de Tchernobyl du 26 avril 1986, Green Cross Switzerland marque une pause pour réfléchir à ce tournant dans l’histoire de l’humanité, tout en portant son regard vers l’avenir des régions les plus touchées.

 

Regard en arrière

Nombreux sont ceux qui doutent aujourd’hui, avec de bonnes raisons, que l’humanité puisse collectivement tirer les leçons de l’histoire. Chez Green Cross Switzerland, nous restons attachés à cette ambition, car elle est le fondement de l’action de notre fondation depuis plus de trente ans.

Quels enseignements pouvons-nous tirer aujourd’hui de l’accident le plus dévastateur de l’histoire du nucléaire ?

Dans sa quête d’un bénéfice supposément grand, l’être humain tend à prendre des risques prévisibles et considérables, qui débouchent malheureusement trop souvent sur des catastrophes — d’origine humaine. La certitude de pouvoir maîtriser à 100 % des technologies potentiellement très dangereuses s’est révélée illusoire dans le cas de l’énergie nucléaire.

L’accident de la centrale nucléaire de Tchernobyl a montré de façon dramatique à quel point il peut être fatal de sous-estimer les risques techniques, d’ignorer les signaux d’alerte et de subordonner la sécurité à des objectifs politiques ou économiques. Ainsi, de nombreuses années avant la catastrophe, les services secrets et de sécurité soviétiques — le KGB — avaient connaissance de nombreux risques et défaillances. Pourtant, ces informations hautement sensibles ont été tenues secrètes et presque rien n’a été fait.

Bien au contraire : le témoin direct Nikolaï Isaev se souvient de cette période de fausse sécurité et de faux bonheur. Il travaillait alors dans le département chimique de la centrale et vivait avec sa famille dans la ville voisine de Pripyat. Directement après l’accident, il a participé pendant plus de cinq ans aux travaux de liquidation. Aujourd’hui, réfugié loin de la guerre en Ukraine, il vit à Genève. Il décrit ainsi sa perception de la vie dans la région avant le 26 avril 1986 : « En résumé : la vie était belle, et rien ne laissait présager quelque chose de terrible — et encore moins la catastrophe de Tchernobyl. »

Les réacteurs RBMK utilisés à Tchernobyl étaient considérés comme puissants et relativement peu coûteux à construire, mais présentaient des risques de sécurité considérables.

Certes, la sécurité a été améliorée après l’accident majeur de Tchernobyl. Il est néanmoins remarquable que sept des dix-sept réacteurs RBMK mis en service soient encore en exploitation aujourd’hui. Le gouvernement soviétique a remis les blocs 1 à 3 en service malgré l’ampleur — connue — de la catastrophe. Et même après la dissolution de l’Union soviétique, Tchernobyl a continué de fonctionner. Ce n’est qu’en décembre 2000 que le dernier réacteur a été mis à l’arrêt !

Il y a quarante ans, le 26 avril 1986, c’est à 01h23 qu’a finalement eu lieu l’explosion et l’accident majeur dans le réacteur numéro 4. Au cours d’un test, le réacteur est entré dans un état instable. En quelques secondes, la puissance a augmenté de manière incontrôlée et des explosions ont mis le cœur du réacteur à nu. Le graphite qu’il contenait a pris feu et a brûlé pendant plusieurs jours — libérant d’immenses quantités de substances radioactives qui se sont répandues rapidement.

Nikolaï Isaev rapporte qu’il a vu, dans la salle des machines, du graphite provenant du réacteur peu après l’explosion — signe évident de l’étendue de la destruction. La gravité de la situation n’a toutefois pas encore été pleinement reconnue à ce moment-là, ou n’a pas été communiquée ouvertement.

Les régions les plus touchées n’étaient pas seulement l’Ukraine actuelle, mais aussi la Biélorussie et des parties de la Russie. Une part importante des retombées radioactives s’est déposée sur la Biélorussie en raison des conditions météorologiques — une réalité qui continue de marquer le quotidien de nombreuses personnes là-bas.

Nikolaï Isaev se souvient des premières heures après l’explosion : tandis que des soldats en combinaisons de protection parcouraient déjà les rues de Pripyat pour effectuer des mesures de radiation, de nombreux habitants étaient encore dehors et des enfants jouaient en plein air. Cette coexistence de normalité et de danger invisible semblait totalement irréelle.

Les premières victimes étaient déjà à déplorer dans les heures matinales. Le nombre total de personnes que l’accident a coûté la vie reste controversé à ce jour. Il en va de même pour le nombre de maladies causées par les rayonnements.

Ce qui est plus clair : des centaines de milliers de personnes ont perdu leur foyer. Beaucoup d’entre elles pensaient au départ ne partir que pour quelques jours — mais ne sont jamais revenues. Au total, quelque 350 000 personnes ont dû être déplacées dans les années suivant la catastrophe. Parmi elles figuraient les quelque 50 000 habitants de la ville de Pripyat, fondée en 1970, qui était alors en plein essor. La centrale était le principal employeur de ses habitants. Aujourd’hui, Pripyat est une ville fantôme, un lieu de mémoire.

Les autres conséquences et coûts ont été multiples et se font sentir en partie encore aujourd’hui. Ils vont des dommages immédiats et clairement visibles aux effets à long terme difficiles à mesurer :

  • Victimes et maladies aiguës (notamment le mal des rayons)
  • Mise à l’arrêt, sécurisation, décontamination, construction du sarcophage et d’une double enceinte de protection, surveillance permanente et coûteuse sur plusieurs générations
  • Conséquences sanitaires à long terme comme par ex. le cancer de la thyroïde ; programmes sanitaires et sociaux pour la population touchée
  • Traumatismes psychologiques et stigmatisation
  • Prestations sociales durables pour les personnes concernées (liquidateurs, évacués)
  • Dommages environnementaux graves et durables, pertes de production agricole et de dynamisme économique local, régions économiquement fragilisées ou structurellement marginalisées
  • Effets démographiques (exode, baisse de la natalité)
  • Coûts politiques et systémiques (p. ex. perte de confiance)

Selon les méthodes de calcul, les dommages économiques et financiers de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, de 1986 à aujourd’hui (2026), sont estimés à environ 180 à plus de 600 milliards de francs suisses. Quarante ans après, ces coûts continuent de croître.

Les coûts courants comprennent notamment les dépenses liées à la sécurisation du site, au démantèlement, à la gestion des déchets, à la surveillance des zones contaminées, ainsi qu’au soutien sanitaire et social des personnes souffrant de séquelles tardives. À ce jour, le site est surveillé et entretenu en permanence par du personnel travaillant en équipes. Cela sera encore nécessaire pendant longtemps.

Mais aujourd’hui encore, nombreux sont ceux qui souffrent des conséquences sanitaires de la catastrophe, comme en témoigne l’exemple de Nikolaï Isaev. Officiellement reconnu comme invalide de Tchernobyl, il souffre de nombreuses maladies. Il est actuellement encore en traitement pour des problèmes cardiaques (angine de poitrine et ischémie), une brûlure rétinienne d’origine radioactive et un diabète de type 2. Par ailleurs, il a subi l’ablation de la prostate et souffre du rhume des foins. Sa femme est atteinte d’un cancer du sein et d’un cancer de la thyroïde. Nombre de ses anciens collègues de l’époque et des anciens habitants de Pripyat souffrent de maladies similaires ou identiques.

C’est dans ce contexte de conséquences aussi graves que Green Cross Switzerland a été fondée en 1993/94 et que notre programme SOCMED (« Social and Medical Care and Education ») a été lancé. En raison de la collaboration avec le lauréat du prix Nobel de la paix Mikhaïl Gorbatchev, notre fondation s’est concentrée initialement sur des projets dans l’ex-Union soviétique et en particulier sur la catastrophe de Tchernobyl. Le programme SOCMED a été établi en 1995 en Biélorussie, en 1998 en Russie et en 2000 en Ukraine. Dans le contexte de la catastrophe de Tchernobyl, le programme vise à améliorer durablement les conditions de vie des personnes les plus touchées, notamment des enfants et des jeunes.

Les camps thérapeutiques constituaient un élément central du programme SOCMED. Ils reposaient sur une combinaison de soins médicaux, psychologiques et sociaux. Dans ces camps, des enfants et des jeunes en situation de handicap étaient pris en charge et encadrés par des médecins, des thérapeutes, des enseignants et des pédagogues. En plus des examens médicaux et d’une alimentation saine, des activités sociales étaient organisées afin de favoriser la créativité, la conscience écologique et le sentiment d’appartenance à une communauté.

 

Regard vers l’avenir

Aujourd’hui, ce sont avant tout les conséquences économiques, psychologiques et sociales de la catastrophe qui demeurent au cœur des préoccupations de la population des régions touchées. De plus, la vie des habitants de l’Ukraine, notamment dans les régions encore les plus affectées par Tchernobyl, est assombrie par la guerre qui se poursuit.

La communauté internationale suit la situation avec une grande attention. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) est présente en permanence sur le terrain depuis le début de la guerre en Ukraine, afin de surveiller la sûreté des installations nucléaires et d’alerter sur les risques.

La guerre en Ukraine montre clairement que les risques liés à l’énergie nucléaire ne sont pas uniquement de nature technique. Dans les conflits armés, les installations nucléaires deviennent elles-mêmes des sources de danger potentielles — que ce soit par des tirs directs ou par des coupures de courant susceptibles de compromettre le refroidissement des réacteurs.

Depuis le début de la guerre, l’AIEA a recensé de nombreux incidents liés à la sécurité dans des installations nucléaires ukrainiennes. En février 2025, un drone de combat a ouvert une brèche dans l’enveloppe du sarcophage de Tchernobyl. Heureusement, cela n’a eu aucun effet sur les niveaux de radiation, mais l’AIEA a averti qu’une réparation rapide et complète était nécessaire. Actuellement, deux missions essentielles — le confinement des substances radioactives et la préparation sécurisée du démantèlement des structures instables — ne peuvent être remplies que de manière incomplète.

Quarante ans après la catastrophe de Tchernobyl, de vastes étendues restent inhabitables en raison de la radioactivité. De nombreuses communes sont encore aujourd’hui confrontées à une faiblesse économique et à des perspectives d’avenir limitées. Pour les jeunes générations en particulier, cela signifie souvent un manque de débouchés et l’exode.

Avec notre programme solaire, nous apportons une contribution importante pour alléger le fardeau lié aux combats, mais aussi pour l’avenir de la population qui y vit, notamment des jeunes et des générations futures.

Pourquoi le développement de l’énergie solaire est-il une mesure prioritaire ? Pour beaucoup de gens, l’approvisionnement en électricité est devenu la préoccupation principale.

Les nombreuses coupures de courant liées à la guerre ont fait littéralement frissonner l’Ukraine dans le froid de l’hiver. Mais aujourd’hui encore, l’approvisionnement en électricité reste l’un des principaux facteurs d’incertitude au quotidien. Les habitants sont souvent contraints de se réfugier dans des abris. Si l’électricité vient à manquer là aussi, la situation s’aggrave encore. Cela vaut particulièrement pour les plus vulnérables : les enfants, les personnes âgées, les malades, les personnes handicapées.

« Certains enfants ont immédiatement peur. Ils ont vécu des explosions. Pour eux, l’obscurité signifie le danger », déclare Svitlana Ludanyk, directrice d’un jardin d’enfants à Horodnia.

Pour aider le plus grand nombre de personnes possible à faire face aux coupures de courant, nous installons des panneaux solaires dans des établissements publics tels que des écoles, des jardins d’enfants ou des hôpitaux. Associés à des batteries de stockage, ils garantissent un approvisionnement en électricité fiable pour les besoins les plus urgents. Dans les situations de crise, cela peut être décisif — notamment pour les soins médicaux, le fonctionnement des abris ou le quotidien des familles.

Pour que le programme solaire puisse déployer le plus grand impact possible, nous misons sur les mesures complémentaires suivantes :

  • Financement circulaire par des fonds solaires à but non lucratif : une partie des économies réalisées grâce à l’électricité solaire produite alimente des fonds à but non lucratif. Ces ressources permettront à l’avenir d’équiper d’autres établissements publics de panneaux solaires.
  • Sensibilisation et transfert de connaissances : les établissements équipés de panneaux solaires organisent des séances d’information. L’objectif est d’informer le plus grand nombre possible de personnes et d’entreprises sur les avantages de l’énergie solaire.

Outre l’approvisionnement en électricité, la charge psychologique reste également un enjeu central. Un axe important de notre engagement est donc le programme de soutien psychologique, qui compte désormais quelque 2 000 participants, en grande majorité des enfants et des jeunes, et que nous développons continuellement.

Tchernobyl n’est pas un chapitre clos de l’histoire : il façonne notre présent. C’est précisément pour cette raison qu’il reste essentiel non seulement de regarder en arrière, mais aussi d’apporter des réponses concrètes au présent. Pour Green Cross Switzerland, cela signifie agir là où les conséquences se font encore sentir aujourd’hui, et créer des perspectives pour l’avenir.

Dans le monde d’aujourd’hui, marqué par les crises, les guerres et les grands risques, il est plus important que jamais de tirer les leçons de Tchernobyl et d’agir en conséquence.

 

Sources & informations complémentaires

Bases et éclairages scientifiques

https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC11896848/

https://www.unscear.org/unscear/en/areas-of-work/chernobyl.html

https://www.who.int/news-room/questions-and-answers/item/radiation-the-chernobyl-accident

https://world-nuclear.org/information-library/appendices/rbmk-reactors

https://preparecenter.org/wp-content/uploads/2021/04/WHO-Health-Effects-Report_9241594179_eng.pdf

https://www.who.int/publications/m/item/chernobyl-s-legacy-health-environmental-and-socio-economic-impacts-and-recommendations-to-thegovernments-of-belarus-the-russian-federation-and-ukraine

Coûts de la catastrophe

Les sources suivantes illustrent différentes approches méthodologiques pour estimer les coûts économiques, ce qui explique la variation des chiffres :

https://www.un.org/fr/desa/statement-round-table-discussion-identifying-and-mitigating-long-term

https://globalhealth.usc.edu/2016/05/24/the-financial-costs-of-the-chernobyl-nuclear-power-plant-disaster-a-review-of-the-literature/

https://www.greenfacts.org/en/chernobyl/l-3/5-social-economic-impacts.htm

https://www.nationalgeographic.com/culture/article/chernobyl-disaster

Développements actuels

https://www.iaea.org/sites/default/files/documents/gov2026-7.pdf

https://www.srf.ch/news/international/ukraine/nukleare-sicherheit-atombehoerde-tschernobyl-schutzhuelle-braucht-dringend-sanierung

05.03.2026

Nouvelles perspectives pour le Vietnam

Nouvelles perspectives pour le Vietnam

Au Vietnam, la « Fête du premier matin » est l’un des jours fériés les plus importants de l’année. Cette célébration du Nouvel An, qui dure plusieurs jours et suit le calendrier lunaire, s’appelle en vietnamien Tết Nguyên Đán, ou simplement Têt (orthographe simplifiée). La fête du Têt est placée sous le signe de la famille, de la gratitude et de l’espoir. À la fin des festivités, un nouveau chapitre s’ouvre également pour les projets de Green Cross Switzerland : grâce au soutien de nos donatrices et donateurs, nous pourrons encore développer nos programmes d’aide en 2026.

Nous nous engageons notamment désormais en faveur d’un accès sûr à l’eau potable pour les ménages dans lesquels vivent des personnes en situation de handicap. Nous mettons en œuvre ces mesures dans des localités isolées de la province de Quảng Trị, qui ont un besoin urgent de ce soutien, par exemple dans des régions montagneuses difficiles d’accès.

Par ailleurs, nous étendons les activités de nos projets à la province de Huế (Vietnam central). Grâce à une combinaison ciblée de mesures entièrement fondées sur l’aide à l’autonomie, nous pouvons désormais y améliorer durablement la vie des personnes en situation de handicap. Nous soutenons les soins orthopédiques, la construction d’installations sanitaires hygiéniques et accessibles, et en particulier la promotion durable de l’activité professionnelle. L’objectif est de renforcer des possibilités de revenus ancrées localement et durables, afin que les ménages de personnes en situation de handicap puissent atteindre une véritable autonomie économique à long terme.

L’un des axes centraux reste la fourniture de prothèses (qui remplacent des membres manquants), d’orthèses (qui soutiennent les membres) et d’autres aides orthopédiques pour les personnes en situation de handicap. Cette aide demeure absolument nécessaire. Les conséquences tardives de la guerre du Vietnam continuent de peser lourdement. Les munitions non explosées et les substances toxiques restées dans l’environnement représentent toujours un danger. Les effets de la dioxine, une substance extrêmement toxique contenue dans le défoliant Agent Orange, sont particulièrement graves. L’Agent Orange a été utilisé entre 1965 et 1970 par les États-Unis et leurs alliés.

« La période du Têt est synonyme d’espoir. Avec Green Cross Switzerland, nous nous réjouissons de contribuer à bâtir des communautés inclusives et écologiquement responsables à Quảng Trị et à Huế », déclare Nguyen Hoang Kha Tu, responsable de projet au sein de l’organisation partenaire ACDC.

Pour en savoir plus sur les projets en cours au Vietnam, cliquez ici.

Légende de l’image :
Mme Nguyen Thi Ha, une femme en situation de handicap originaire de Huế City, prépare son artisanat traditionnel pour la foire locale du printemps. Sa participation souligne l’importance de la sécurisation des moyens de subsistance des personnes en situation de handicap et du renforcement de leur autonomie économique.

05.12.2025

Énergie solaire pour établissements vulnérables

Énergie solaire pour établissements vulnérables

Depuis quelques semaines, Green Cross Switzerland (GCCH) reçoit de plus en plus de demandes de soutien pour la mise en place de systèmes solaires dans les régions proches du front, notamment dans les oblasts de Soumy, Kharkiv et Tchernihiv. Ces demandes proviennent d’établissements médicaux, d’écoles et de jardins d’enfants, qui doivent souvent faire face à des coupures d’électricité pouvant durer jusqu’à 19 heures.

Nous souhaitons vous montrer, à travers l’exemple du jardin d’enfants « Lisova Kazka » (« Le Conte de la forêt ») à Tchernihiv, à quel point le soutien de GCCH peut transformer la situation de telles structures.

Au fil de la guerre en Ukraine, la question d’un approvisionnement indépendant en électricité est devenue cruciale. Les fréquentes coupures de courant représentent un défi particulier pour les jardins d’enfants tels que « Lisova Kazka », car les enfants sont particulièrement sensibles aux horreurs de la guerre et dépendent encore davantage que les adultes de la chaleur et de la lumière. Il est essentiel qu’ils puissent se sentir en sécurité.

C’est pourquoi nous avons installé dans ce jardin d’enfants une centrale solaire d’une puissance de 50 kW. Elle bénéficie désormais à quelque 250 enfants âgés de deux à six ans, ainsi qu’à 30 éducatrices et éducateurs et 37 autres membres du personnel. La dépendance au réseau électrique central a ainsi été fortement réduite. Tant que le réseau électrique fonctionne, les batteries également installées sur place peuvent être rechargées aussi bien avec de l’énergie solaire que l’électricité  du réseau. Le jardin d’enfants dispose donc de deux moyens pour surmonter les coupures de courant.

Pourquoi GCCH a-t-il choisi de soutenir précisément ce jardin d’enfants?

La ville de Tchernihiv subit des bombardements constants. Les coupures d’électricité pouvant durer jusqu’à 12 heures y sont actuellement monnaie courante. La région du même nom, déjà très pauvre, portait les stigmates de la catastrophe de Tchernobyl bien avant la guerre. Elle constitue donc l’un des axes prioritaires de notre engagement.

Le jardin d’enfants accueille en outre des enfants ayant des besoins particuliers, souvent particulièrement affectés par les horreurs de la guerre. Ils sont encadrés dans un groupe qui leur est spécialement consacré. Des groupes spécialisés sont de plus dédiés aux enfants souffrant de troubles du langage. En raison des alertes aériennes, les enfants doivent souvent passer plusieurs heures dans des abris. Grâce à la nouvelle solution énergétique renouvelable, ils peuvent désormais le faire avec moins d’appréhension.

Le jardin d’enfants a été endommagé au cours des combats. Grâce au soutien des autorités éducatives et de plusieurs organisations humanitaires, dont GCCH, d’importants travaux de reconstruction ont pu être réalisés : remplacement des fenêtres, modernisation du système de chauffage, rénovation des salles de groupe, aménagement d’abris et installation d’une nouvelle aire de jeux.

L’installation du système solaire doté d’un dispositif de stockage d’éléctricité constituait la prochaine étape logique vers une plus grande autonomie énergétique, une sécurité renforcée et un développement durable. Aujourd’hui, le jardin d’enfants peut fonctionner sans interruption et offrir aux enfants chaleur, lumière, repas équilibrés et un environnement d’apprentissage stable – même lors de coupures de courant.

Pour la directrice, Nataliia Prymakova, cette solution apporte « la certitude que, même dans les moments les plus difficiles, nous pouvons continuer à être présents pour nos enfants. L’énergie solaire est une source de vie pure : elle offre à nos enfants lumière, sécurité et espoir. »

Par ailleurs, ce projet contribue à renforcer la sensibilisation environnementale au sein de la communauté et permet aux enfants d’acquérir très tôt une compréhension de l’importance des énergies renouvelables.

Face à l’urgence croissante, nous souhaitons aujourd’hui intensifier notre action et équiper d’autres établissements vulnérables situés dans les régions proches du front de solutions énergétiques renouvelables. En cette période de Noël et au cœur d’un hiver une fois de plus très rigoureux, la solidarité de philanthropes comme vous devient une lueur d’espoir précieuse – un véritable cadeau pour la population ukrainienne.

27.11.2025

Reforestation à Koriukivka

Reforestation à Koriukivka

La région de Tchernihiv est l’une des plus pauvres d’Ukraine, notamment en raison des répercussions durables de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl. La guerre actuelle pèse encore davantage sur ce territoire, notamment en raison des tirs de missiles et des coupures d’électricité fréquentes. C’est pourquoi cette région se trouve au cœur des activités de Green Cross Switzerland (GCCH).

Beaucoup ignorent à quel point la guerre affecte les écosystèmes et le climat, causant d’importants dommages environnementaux. De vastes zones forestières, par exemple, ont été gravement endommagées ou détruites. Le reboisement peut jouer un rôle essentiel dans la restauration de la nature — et pas seulement dans le contexte de la guerre. Même avant celle-ci, la part du territoire ukrainien couverte de forêts était relativement (trop) faible en comparaison internationale. La Suisse, par exemple, présente une proportion de territoire boisé environ deux fois plus élevée que celle de l’Ukraine.

En octobre 2025, GCCH a donc lancé un projet de reboisement dans le district de Koriukivka, dans la région de Tchernihiv. Sur une surface de 17 hectares — l’équivalent d’environ 24 terrains de football — 100 000 jeunes arbres seront plantés afin de restaurer les zones forestières dégradées et de revitaliser l’écosystème local.

Cette plantation est menée en coopération avec la commune de Koriukivka et s’inscrit dans une initiative de long terme : l’objectif n’est pas seulement de créer de nouvelles zones boisées, mais aussi de promouvoir d’autres projets environnementaux et sociaux contribuant au développement durable de la région. Elle vise également à renforcer la conscience de la responsabilité environnementale.

Cette sensibilisation revêt une importance particulière pour les enfants et les adolescents. Dans le cadre du projet de reboisement, ils reçoivent des gourdes réutilisables, des casquettes, des badges, des carnets et des stylos fabriqués à partir de matériaux recyclés. Ces objets les sensibilisent au respect de l’environnement et rappellent que même les plus petites contributions à la restauration et à la régénération de la nature ont une valeur immense.

Des enseignant·e·s, des bénévoles et des résident·e·s participent également à l’initiative. « C’est merveilleux de voir comment de petits plants deviendront un jour une grande forêt », explique une enseignante. Une habitante partage cet optimisme : « Nous avons traversé des moments difficiles, mais nous voyons la nature se rétablir avec nous. »

Le maire de Koriukivka, Ratan Akhmedov, souligne lui aussi l’importance du projet : « Pour notre commune, il ne s’agit pas seulement d’une initiative écologique, mais également d’un symbole de renouveau et de confiance en l’avenir. »

Sources et articles pour approfondir le sujet :

13.10.2025

L’histoire de Phuong

L’histoire de Phuong

Un partenaire de projet exceptionnel

Aujourd’hui, nous souhaitons partager avec vous l’histoire d’une victime de l’agent orange qui, malgré des circonstances extrêmement difficiles, a su maîtriser sa vie avec succès.

Nguyen Ngoc Phuong est né le 6 avril 1981 dans le village de Chau Son 1, commune de Que An, près de la montagne Duong La, dans la province de Quang Nam.

Il est venu au monde après moins de sept mois de grossesse, ne pesant que 800 grammes pour moins de 20 centimètres – à peine un quart du poids d’un nouveau-né moyen et moins de la moitié de sa taille.

Phuong a grandi sur une colline, entouré d’une végétation dense et sombre. Tandis que les autres enfants allaient à l’école, il tombait souvent malade. Sa très petite taille à la naissance et sa santé fragile l’empêchaient d’apprendre. Certains parents interdisaient même à leurs enfants de jouer avec lui – avec ce garçon qui passait ses journées entre quatre murs.

À l’époque, personne ne comprenait la cause de son handicap. Certains y voyaient une malédiction : les parents de Phuong auraient, pensait-on, à expier les fautes d’ancêtres dans une vie antérieure. Rejet par la communauté et désespoir accompagnaient la famille au quotidien.

En 1987, sa sœur cadette, Nguyen Thi Hieu, vint au monde – elle aussi avec un handicap. La famille vivait dans une grande pauvreté. Mais malgré leur souffrance et contrairement à d’autres parents qui rejetaient leurs enfants handicapés, les parents de Phuong et de Thi Hieu étaient déterminés à tout faire pour permettre à leurs enfants de bénéficier d’un traitement.

Vers l’âge de 9 ou 10 ans, Phuong, incapable de dormir la nuit, entendait sa mère tousser sans répit. Il éprouvait pour elle une immense compassion. Un jour, d’anciens camarades de son père vinrent leur rendre visite et lui dirent : « Tu as été exposé à l’agent orange. C’est pour cela que tes enfants sont handicapés. »

À cet instant, Phuong voulut mourir pour mettre fin à la souffrance de sa mère. Mais il savait aussi qu’il ne pouvait pas l’abandonner – elle qui l’avait aimé et protégé depuis toujours.

À 11 ans, il prit une décision : quitter son village, devenir indépendant et changer de vie.

Le chemin vers l’autonomie

L’amour de ses parents, mais aussi le rejet et la douleur, donnèrent à Phuong la force de partir pour la ville afin d’y apprendre un métier.

À cause de sa petite taille, personne ne voulait d’abord l’accepter. Alors il observa attentivement comment on rechargeait les briquets dans les stations-service. Avec l’argent reçu pour le Nouvel An lunaire, il s’acheta quelques outils et un briquet vide, puis commença à recharger ceux de ses voisins et de son père.

Adolescent, il suivit une formation d’horloger.

Vers 19 ou 20 ans, il partit à Hô Chi Minh-Ville pour apprendre l’électronique dans un atelier. En le voyant arriver soigneusement vêtu, son futur chef plaisanta : « Chérie, regarde, un extraterrestre vient demander à être apprenti. Tu crois qu’on devrait le prendre ? »

Après une période d’essai, l’homme lui remit douze boîtes pleines de vis à trier. Phuong les tria avec soin. Impressionné, son maître lui dit : « Ce dont j’ai besoin, c’est de ta tête, pas du reste. » Il lui proposa alors une formation, avec le même salaire que tous les autres. Phuong resta dix ans à ses côtés.

Aujourd’hui, malgré les obstacles, grâce à sa détermination et à sa persévérance, Phuong est devenu enseignant. Il transmet son savoir et accompagne des dizaines d’enfants qui, comme lui, ont connu la souffrance et l’exclusion.

Une vie empreinte de courage

La vie et la volonté inébranlable de Nguyen Ngoc Phuong et de sa sœur, Nguyen Thi Hieu, illustrent de manière bouleversante comment, même dans les circonstances les plus dures, il est possible de trouver la force d’espérer et d’avancer.

Phuong s’occupe aujourd’hui de victimes de l’agent orange, ainsi que d’enfants et d’adolescents défavorisés, dans un centre de jour à Da Nang. Ce centre, soutenu par Green Cross Switzerland et géré par la DAVA (« Da Nang Association for Victims of Agent Orange »), est un lieu d’accueil, d’apprentissage et d’espoir situé dans la ville de Da Nang.

Tout le monde n’a pas sa force – c’est là que nous intervenons !

Le parcours exceptionnel de Phuong n’aurait pas été possible pour beaucoup d’autres personnes dans une situation similaire. Il n’a réussi à s’en sortir que grâce à sa volonté, à son intelligence et à l’amour indéfectible de ses parents.

Mais beaucoup d’autres victimes de l’agent orange attendent encore, souvent en vain, une aide qui ne vient pas, et voient leur vie basculer dans la détresse. Depuis plus de 25 ans, Green Cross Switzerland s’engage au Vietnam pour que ces personnes ne soient pas oubliées et reçoivent le soutien qu’elles méritent. Grâce à la solidarité de nos donatrices et donateurs, nous pouvons, ensemble, transformer durablement des vies.

La photo illustrant cet article a été prise par Roland Schmid.

10.10.2025

Journée mondiale de la santé mentale

Journée mondiale de la santé mentale

Aujourd’hui, le 10 octobre, nous célébrons la 34ᵉ Journée mondiale de la santé mentale (« World Mental Health Day »). Cette journée a été inaugurée pour la première fois en 1992 à l’initiative de la Fédération mondiale pour la santé mentale (« World Federation for Mental Health »), une organisation globale qui compte des membres et des contacts présents dans plus de 150 pays.

Pour Green Cross Switzerland (GCCH), c’est l’occasion de souligner la gravité de la situation psychique dans le monde et de rappeler notre engagement dans ce domaine. On peut raisonnablement penser que, ces dernières années, l’état mental de l’humanité dans son ensemble ne s’est pas amélioré, voire s’est détérioré. Les raisons en sont nombreuses. Il est essentiel de relever le constat douloureux que les jeunes sont particulièrement exposés aux souffrances psychiques : selon l’UNICEF, les conséquences de la guerre et de la violence sur les enfants à travers le monde ont atteint une ampleur jamais vue.

En particulier dans les pays et régions moins favorisés, là où des organisations comme GCCH interviennent, des millions de personnes qui auraient besoin d’un soutien psychologique espèrent, souvent en vain, de l’aide. Un moteur important de cette souffrance mentale est constitué par les nombreuses catastrophes causées par l’homme — que ce soient des crises actuelles comme la guerre en Ukraine ou des événements plus anciens comme le grave accident nucléaire de Tchernobyl (1986) ou la guerre du Vietnam (1955-75). Hélas, ces derniers continuent, des décennies après, de produire des séquelles graves et très actuelles. GCCH s’efforce d’apporter sa contribution maximale dans la gestion de ces traumatismes.

Notre programme de soutien psychologique en Ukraine a été lancé début 2024. Pensé pour durer, il est en cours d’expansion continue. Actuellement (octobre 2025), plus de 1000 personnes bénéficient déjà d’un accompagnement sur quatre sites différents. Il s’agit majoritairement d’enfants et d’adolescents — conformément à la réalité que ce sont eux qui sont les plus vulnérables au stress psychologique et aux traumatismes psychiques induits par les horreurs de la guerre.

Nous souhaitons illustrer l’urgence d’un soutien et ce qu’il peut apporter aux personnes concernées à l’aide de plusieurs exemples :

  • Kherson : Un garçon de huit ans, qui recevait un soutien psychologique, se mettait à pleurer sans raison apparente, que ce soit en jouant ou pendant une séance de thérapie. Interrogé « Qu’est-ce qui se passe ? », il répondait : « Nous allons tous mourir, ils veulent nous tuer. » Ensuite, dans un cadre sécurisé, il a été pris en charge individuellement. Il a appris à faire face à ses peurs. Peu à peu, la peur s’est atténuée. Le garçon a recommencé à sourire et réagit désormais avec plus de calme aux bruits forts.
  • Nowhoord-Siwerskyj : Tatiana, 62 ans, a sollicité notre psychologue. Il y a six mois, son gendre est mort à la guerre, et elle ne savait comment aider sa fille et son petit-fils de cinq ans à surmonter ce deuil. Grâce au suivi psychologique, Tatiana a pu laisser s’exprimer la peine de sa fille et de son petit-fils, leur donner la place pour leur chagrin. Elle a appris à évoquer le défunt, à surmonter la peur d’en parler et à instaurer des rituels de mémoire. Sa fille, elle aussi, a été accompagnée par la psychologue. Progressivement, la famille a mieux intégré la perte et se souvient de l’être disparu avec amour.
  • Tchernihiv : Une fillette de cinq ans, avec son frère et sa mère, a dû quitter son foyer. Dans son nouveau jardin d’enfants, elle ne voulait, au début, ni parler, ni jouer, ni manger. Le manque de son père, resté dans leur ancienne maison, la rongeait. Lentement, avec le soutien d’adultes, d’une psychologue et de nouvelles amitiés, elle a recommencé à sourire et à retrouver goût à la vie. Aujourd’hui, elle participe avec enthousiasme aux séances de groupe, s’exprime davantage et apprend, à travers des activités créatives, à gérer ses émotions.

Des informations supplémentaires sur notre programme de soutien psychologique en Ukraine sont disponibles ici.

Dans la province de Quang Tri, au Vietnam, nous accompagnons des personnes en situation de handicap (« Persons with Disabilities », PWD). Leurs handicaps trouvent leurs origines dans l’utilisation de l’agent orange et d’autres séquelles tardives de la guerre du Vietnam, comme des bombes ou mines non explosées dans le sol. À Quang Tri, ces conséquences sont particulièrement marquées. En raison de facteurs physiques, psychologiques et sociaux, ces personnes subissent un risque accru de souffrances mentales. Tragiquement, elles ont souvent un accès plus limité au soutien psychologique que d’autres groupes de la population.

Tous ces facteurs se conjuguent et affectent le bien-être mental des PWD, qui subissent souvent stress chronique, anxiété et tristesse persistante.

Comme en Ukraine, il est essentiel de détecter tôt les facteurs de risque de troubles psychiques et de mettre en place des mesures adaptées. Cela peut contribuer à améliorer l’état de santé général, à éviter des séquelles à long terme et à alléger la charge sur les systèmes de santé.

De nombreuses personnes concernées vivent dans la peur, se sentent socialement isolés, manquent de confiance en elles. À ces défis s’ajoutent, dans la société, des idées fausses et des préjugés largement répandus concernant les handicaps et la santé mentale. Par exemple, il est encore fréquent de croire que les personnes ayant un handicap mental ou souffrant de troubles psychiques sont « folles », ce qui peut les amener à se replier pour éviter la stigmatisation.

Le coût financier constitue un autre obstacle majeur : traitement, médicaments, rééducation, transports ou simplement subsistance coûtent cher. De plus, les connaissances et compétences nécessaires pour prodiguer des soins efficaces font souvent défaut.

Afin d’apporter un soulagement indispensable, depuis fin 2024 nous collaborons avec notre organisation partenaire ACDC (« Action to the Community Development Institute »). Le projet comprend un ensemble de mesures concrètes.

Formations : les professionnelles et professionnels locaux de la santé, certains étant eux-mêmes des PWD, acquièrent une connaissance approfondie de la santé mentale et des besoins psychologiques spécifiques des PWD. Ils développent les compétences nécessaires pour soutenir psychologiquement et conseiller les personnes concernées. Par ailleurs, ils apprennent à utiliser des outils de dépistage afin d’identifier les personnes en situation de handicap et leurs proches susceptibles de souffrir de troubles psychiques. Enfin, les participant·e·s sont formé·e·s pour mener des séances de groupe destinées à la promotion et au soutien des PWD. Le conseil par les pairs est particulièrement précieux, car les personnes personnellement concernées sont souvent plus à même de comprendre la situation des personnes en situation de handicap.

Collaboration élargie : de nombreux partenaires sont engagés dans ce projet : le ministère de la santé de la province, l’organisation provinciale pour les PWD, l’hôpital général, le centre provincial de contrôle des maladies, les centres de santé de district dans la zone d’intervention, un groupe multidisciplinaire de soutien à la santé mentale, ainsi que des expert·e·s en psychologie.

Dépistage et évaluation des troubles psychiques chez les personnes en situation de handicap et leurs familles : les PWD et leurs proches sont examinés par des professionnel·l·e·s formé·e·s pour repérer les troubles psychiques, d’abord via un dépistage initial (niveau 1), puis un dépistage plus approfondi (niveau 2). Les informations recueillies permettent d’affiner le soutien psychologique à offrir.

Conseil et soutien : au sein de groupes d’entraide animés par les professionnel·le·s formé·e·s, les personnes concernées échangent dans un cadre sécurisé sur leurs vécus et les défis du quotidien. On les sensibilise à l’importance de la santé mentale, on les encourage à exprimer leurs émotions, à mieux y faire face, à réduire le stress, à améliorer leur communication et à entretenir des contacts sociaux. Par ailleurs, des stratégies permettant de surmonter les difficultés qui leur sont propres sont élaborées. En cas de maladies psychiques sévères, un accès aux structures spécialisées est assuré.

Actions de sensibilisation auprès du public : par des événements destinés aux PWD, à leurs familles et au grand public, nous visons à informer largement sur la santé mentale des personnes en situation de handicap. Un premier événement est prévu pour fin octobre 2025. Ces événements visent à transmettre les connaissances de base en santé mentale et en entraide. Par ailleurs, ils offrent des possibilités d’interaction, d’échanges d’expériences, d’encouragement mutuel et d’accompagnement émotionnel, ce qui renforce la cohésion sociale et les réseaux de soutien.

Résultats & chiffres des projets GCCH dans le domaine du soutien psychologique (état : fin septembre 2025) :

Ukraine (depuis début 2024) :

  • Site de Tchernihiv : accompagnement psychologique de 488 enfants
  • Site de Kherson : accompagnement psychologique de 16 enfants
  • Site de Sosnyzja : accompagnement psychologique de 160 enfants
  • Site de Nowhorod-Siwerskyi : thérapie de groupe avec 122 adolescents et 228 adultes, thérapie individuelle avec 5 enfants, 21 adolescents et 58 adultes

Vietnam (depuis fin 2024) :

  • Fin 2024-début 2025 : dans un cours « Training of Trainers », quatre personnes handicapées ont été formées comme conseillères et conseillers entre pairs. Grâce à cela, dans les années et décennies à venir, elles pourront soutenir d’autres personnes concernées de façon efficace. Grâce au conseil par les pairs qui a suivi, 20 personnes ont bénéficié d’un soutien individuel. Le contact est maintenu afin d’apporter une aide en cas de questions ou problèmes.
  • 2025 (en cours) : conseil des pairs au sein de groupes d’entraide et individuel avec jusqu’ici 58 personnes
  • Mai 2025 : réunion de coordination entre les acteurs du système de santé cités plus haut en vue de l’adoption du plan de mise en œuvre du projet
  • Juillet/Août 2025 : deux formations successives rassemblant 70 participant·e·s, incluant des conseiller·ère·s pairs (PWD), des auxiliaires de santé villageois, et des représentant·e·s du groupe multidisciplinaire de soutien à la santé mentale (centre provincial de contrôle des maladies, hôpital provincial, université de médecine, associations villageoises de santé, école pour enfants handicapés).
  • Septembre 2025 : dépistage détaillé des troubles psychiques chez 90 PWD et leurs familles. Sur cette base, un manuel de soutien psychologique devrait être achevé en novembre 2025.

Sources principales :

10.08.2025

Journée commémorative de l’Agent Orange

Journée commémorative de l’Agent Orange

Action de distribution à l’occasion de la Journée commémorative de l’Agent Orange – soutien aux personnes vulnérables dans la province de Đắk Lắk (sud du Vietnam)

Le 10 août, le Vietnam a de nouveau observé la Journée commémorative de l’Agent Orange, un moment de solidarité envers ceux et celles qui souffrent encore aujourd’hui des conséquences durables de l’utilisation d’armes chimiques durant la guerre du Vietnam.

L’Agent Orange, un défoliant hautement toxique, a été massivement pulvérisé entre 1965 et 1970. Ses effets persistent encore de nos jours : maladies graves et chroniques, handicaps physiques et mentaux, malformations congénitales – souvent transmis de génération en génération.

Dans les zones rurales, de nombreuses familles sont touchées, notamment dans la commune de Xã Ea Kly, dans la province de Đắk Lắk dans le sud du Vietnam. La plupart vivent dans des conditions économiques précaires. Souvent, elles ne disposent pas de sources de revenus stables, souffrent d’un accès limité aux soins médicaux, et la prise en charge de leurs proches affectés mobilise toutes leurs ressources.

Le Charity Project Krong Buk (CPKB), partenaire humanitaire de Green Cross Switzerland (GCCH) au Vietnam, s’est donné pour mission d’apporter une aide concrète sur le terrain avec notre concours. À l’occasion de la Journée commémorative, 150 familles victimes avérées des effets à long terme de l’Agent Orange ont reçu des colis alimentaires dont elles avaient urgemment besoin.

Chaque colis contenait des denrées alimentaires de base telles que riz, nouilles, huile de cuisson, sauce de poisson et haricots. Des produits d’hygiène y ont aussi été ajoutés, afin d’apporter un soulagement supplémentaire. La distribution a eu lieu le 8 août dans la maison commune de Xã Ea Kly. Des représentants de l’administration locale ainsi que de la VAVA (Vietnam Association for Victims of Agent Orange) ont accueilli les familles et exprimé leur gratitude aux soutiens du projet.

Pour GCCH, cette journée n’est pas seulement une commémoration, mais une occasion d’agir, de sensibiliser et d’exprimer une solidarité concrète. Elle nous rappelle que le passé a encore des répercussions aujourd’hui et que nous avons le devoir de soutenir les victimes innocentes en détresse.
Par cette initiative, nous visons non seulement à répondre à des besoins pressants, mais aussi à attirer l’attention sur un sujet trop souvent oublié à l’échelle internationale.

Nous remercions chaleureusement l’ensemble des donatrices et donateurs, bénévoles et partenaires qui ont rendu cette aide possible. Leur solidarité démontre qu’au-delà des grandes villes et malgré l’absence de mise en lumière médiatique, la compassion humaine peut accomplir de grandes choses.

Aux côtés du CPKB, GCCH continuera à soutenir les personnes touchées. Une nouvelle initiative est déjà en préparation, toujours dans l’objectif de fournir une aide durable et d’améliorer la qualité de vie sur le long terme.

Nous poursuivons notre engagement pour un avenir où personne ne sera laissé seul face aux conséquences de l’Agent Orange.

Liens complémentaires :
Site internet du Charity Project Krong Buk (en allemand)

Entretien avec notre partenaire de projet et directeur du CPKB, Peter Jenni