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12.06.2025

Ukraine : un programme de soutien psychologique à long terme

Ukraine : un programme de soutien psychologique à long terme

Début 2024, Green Cross Switzerland a lancé un projet pilote destiné à offrir un accompagnement psychologique aux personnes touchées par la guerre en Ukraine (en savoir plus ici). Les besoins étaient, et demeurent, immenses. À cette période, bien que de nombreuses écoles maternelles aient rouvert, les conséquences du conflit continuaient de peser lourdement sur la population. Les enfants, en particulier, présentaient de graves troubles psychologiques : anxiété accrue, réactions violentes aux alertes aériennes, signes évidents de surmenage mental.

Premiers pas à Tchernihiv

Le projet a été lancé dans une école maternelle de Tchernihiv qui accueille environ 250 enfants. Sur place, le besoin d’un soutien psychologique s’est immédiatement révélé crucial. Les retours positifs des parents, ainsi que l’ampleur et l’urgence des défis rencontrés, ont confirmé la nécessité d’intensifier notre engagement.

Élargissement du programme : écoles, adolescent·e·s et adultes

Dans un second temps, notre action s’est étendue aux établissements scolaires de Novhorod-Siverskyï, avec un focus particulier sur les adolescent·e·s, particulièrement vulnérables au stress lié à la guerre. Très rapidement, nous avons également été sollicités pour accompagner des adultes. Beaucoup présentaient des symptômes de stress post-traumatique ou souffraient d’une anxiété sévère.

Pour y répondre, nous avons ouvert un espace de consultation psychologique à Novhorod-Siverskyï. Celui-ci propose des entretiens individuels, notamment pour les adultes, ainsi que des séances de groupe régulières destinées aux adolescent·e·s et aux jeunes adultes. Un accompagnement spécifique est également assuré pour les patient·e·s atteint·e·s de cancer.

En mai 2025, un nouveau centre a vu le jour au sein de l’établissement d’éducation et de réadaptation de Sosnyzja. Les enfants en situation de handicap, atteints de troubles du spectre autistique ou ayant d’autres besoins particuliers y sont accueillis dans un environnement sécurisé et adapté à leurs besoins spécifiques.

Un programme inscrit dans la durée

Ce qui n’était à l’origine qu’un projet pilote est devenu un programme de soutien pérenne. Il s’adresse en priorité aux personnes directement affectées par les conséquences de la guerre — notamment les enfants, les adolescent·e·s et les personnes déplacées à l’intérieur du pays. Notre objectif : atténuer le stress psychologique, renforcer le bien-être émotionnel et favoriser l’inclusion sociale.

Face aux besoins persistants, le programme continue de s’étendre. La prochaine étape prévoit l’ouverture d’un centre de consultation psychologique dans la ville portuaire d’Odessa.

L’art-thérapie au cœur de l’approche

Une attention particulière est portée aux méthodes d’art-thérapie. Dans un cadre sécurisé, les enfants peuvent exprimer leurs émotions par des moyens créatifs, les intégrer et ainsi renforcer leur résilience et leur stabilité psychique. Toutes les activités sont encadrées par une équipe interdisciplinaire de psychologues et d’art-thérapeutes, et sont adaptées aux besoins individuels et à l’âge des participant·e·s.

Chiffres clés (situation à fin mai 2025)

  • Tchernihiv : 438 enfants accompagnés psychologiquement
  • Kherson : 16 enfants accompagnés psychologiquement
  • Sosnyzja : 99 enfants accompagnés psychologiquement
  • Novhorod-Siverskyï :
    • Thérapies de groupe : 63 adolescent·e·s et 107 adultes
    • Thérapies individuelles : 4 enfants, 7 adolescent·e·s et 26 adultes

10.04.2025

Interview avec le partenaire de projet Peter Jenni

Interview avec le partenaire de projet Peter Jenni

Son amour pour le Vietnam et ses habitants anime l’action philanthropique de Peter Jenni. Avec son épouse Tran Thi Hiep, ce Suisse, qui vit au Vietnam depuis décembre 2016, a fondé le Charity Project Krong Buk (CPKB). Cette association, basée en Suisse, apporte depuis 2020 un soutien social précieux aux personnes dans le besoin, dont de nombreuses victimes des séquelles de l’utilisation de l’Agent Orange durant la guerre du Vietnam. Beaucoup d’entre elles souffrent de handicaps mentaux ou physiques graves. C’est aussi dans ce domaine que s’inscrit la collaboration avec Green Cross Switerzland (GCCH), en place depuis deux ans. Ce partenariat constitue un complément précieux aux autres projets de GCCH au Vietnam. Le CPKB apporte une aide concrète, de la joie et de l’espoir aux personnes qui ont besoin d’un soutien. Lorsque cela est possible, il ouvre aussi la voie à une amélioration autonome de leurs conditions de vie.

Avec cette interview, nous souhaitons faire mieux connaître Peter Jenni et le travail du CPKB que nous soutenons à nos donatrices et donateurs ainsi qu’à toute personne intéressée. Les questions ont été posées par Samuel Müller-Zwahlen, collaborateur de GCCH et historien.

Cher Peter, qui es-tu ? Comment te décrirais-tu et quel est ton parcours de vie ?
En un mot : je suis un « Seebueb » [« un garçon du lac »]. Ce sont plutôt les autres qui devraient me décrire. Mais je peux dire que je suis un homme avec deux patries. D’un côté, je suis un citoyen suisse convaincu. De l’autre, j’ai choisi de passer la deuxième partie de ma vie au Vietnam, que je considère comme ma seconde patrie.

Pour en revenir au « Seebueb » : je suis né à Zurich-Seebach [nomen est omen !], mais j’ai passé la majeure partie de mon enfance et de ma jeunesse à Rüschlikon, au bord du lac de Zurich. Cela m’a profondément marqué. À Rüschlikon, il y avait un centre autonome pour les jeunes où j’ai siégé très jeune au comité. Plus tard, je me suis marié et mes deux fils, Marc et Jan, sont nés en 1990 et 1992. Ils ont grandi au bord du lac de Walenstadt, où nous avons vécu pendant plus de 20 ans.

Au Vietnam aussi, j’ai été attiré par l’eau. Je voulais une maison en bord de mer. Cela ne s’est pas fait pour deux raisons : d’une part, vivre en bord de mer est très coûteux, d’autre part, j’avais des réserves liées au changement climatique, notamment à la montée du niveau de la mer et à la fréquence accrue des tempêtes. À Nha Trang, la ville côtière où j’ai d’abord habité, j’ai vécu une telle tempête et j’en ai conclu que ce n’était pas une option pour moi. Puis ma femme a trouvé un beau terrain au bord d’un lac. C’est ainsi que je vis à nouveau au bord d’un lac.

Alors c’est clair : le lac est ton chez-toi.
Oui ! Aujourd’hui encore, chaque fois que j’arrive près d’un lac, je prends un instant pour m’arrêter. Les lacs me donnent un sentiment de stabilité. Je suis attiré par le regard porté vers l’horizon – qui n’est certes pas infini, mais étendu.

Comment es-tu venu au Vietnam ?
C’est une histoire un peu longue. J’ai travaillé durant 20 ans à mi-temps dans la communication pour le contrôle alimentaire et l’office vétérinaire de Saint-Gall. L’autre moitié de mon temps de travail était consacrée à ma propre entreprise, TEXTartelier. Parallèlement, je participais à des courses de VTT. Un jour, tout cela est devenu trop lourd pour moi – un burn-out menaçait. Heureusement, j’ai demandé de l’aide à temps. Mon thérapeute m’a conseillé une pause prolongée, que le canton de Saint-Gall m’a permis de prendre. J’ai profité de cette pause pour faire du vélo, plus tranquillement. En regardant la carte, j’ai découvert le Vietnam que je ne connaissais pas auparavant. J’ai alors planifié un voyage à vélo du nord au sud du pays. Après environ six semaines, je suis arrivé à Nha Trang et j’ai décidé : je veux vivre au Vietnam. Le climat et la joie de vivre des habitants m’ont conquis. La vie ici est plus simple et sans doute plus joyeuse qu’en Suisse.

Depuis un hôtel à Saigon, j’ai commencé à organiser mon expatriation. Cela s’est avéré faisable. Pendant cette période, j’ai rencontré ma femme. Je suis ensuite retourné pendant un an en Suisse pour faire mes adieux et préparer mon déménagement.

Entre-temps, on m’a diagnostiqué un cancer de la langue. J’ai dû subir une opération et des radiothérapies. J’ai dit aux médecins : « Faites ce que vous voulez, mais à la fin de l’année, je pars pour le Vietnam. » Un de mes médecins, un gros fumeur à la barbe impressionnante, m’a demandé ce que je comptais manger là-bas, vu mes capacités limitées. Ma réponse : « Manger de la bière et boire du vin ! » Cela l’a convaincu. Aujourd’hui, je me débrouille bien. Le système médical est de bonne qualité – malheureusement seulement pour ceux qui peuvent se le permettre.

Y a-t-il d’autres choses qui te fascinent particulièrement au Vietnam ? De même que des sujets qui te préoccupent ? Comment décrirais-tu ce pays à un Suisse qui ne l’a jamais vu ?
À quelques exceptions près – comme certaines démarches administratives –, la vie au Vietnam est vraiment beaucoup plus décontractée et simple. En général, les gens sont très ouverts, joyeux et serviables. En Suisse, on n’a pas l’habitude que des inconnus vous abordent, alors qu’au Vietnam c’est courant. J’apprécie aussi beaucoup le fait qu’on n’ait pas à craindre de se faire voler son téléphone ou son portefeuille. Par contre, il faut être vigilant quand on pose une question : au lieu d’un « je ne sais pas », on peut recevoir une fausse réponse, car les gens admettent difficilement ne pas savoir. Ils apprécient la vie tranquille, mais sont très travailleurs. Personne ne se demande si c’est samedi ou dimanche. Mais ils prennent aussi volontiers le temps de se retrouver joyeusement, surtout à la campagne. Contrairement à la Suisse, on est rarement seul. Cela va de pair avec la cohabitation intergénérationnelle dans une même maison, qui est courante – et souvent nécessaire, voire vitale. Beaucoup de personnes âgées dépendent du soutien de leurs enfants. Il y a peu de maisons de retraite et les rentes de vieillesse sont très faibles – quand elles existent. On croise des personnes plus aisées surtout en ville, dans des hôtels chics par exemple. Elles peuvent paraître parfois ostentatoires, souvent ce sont des nouveaux riches.

Ce qui me préoccupe, c’est la pauvreté. Pour quelqu’un qui vit comme moi, elle est très palpable.

Tu t’engages activement dans ce domaine. Comment est né le Charity Project Krong Buk ?
Le matin, quand je sortais de chez moi en moto, par exemple pour aller prendre un café, j’étais souvent de mauvaise humeur. Puis j’ai pu entrer en contact avec le peuple Ede, une minorité qui vit dans mon quartier, généralement dans des maisons longues composées d’une seule pièce, souvent situées dans des zones boueuses et marécageuses. Des enfants sales et joyeux me croisaient fréquemment en riant. Leur joie était contagieuse ! Je me demandais : pourquoi sont-ils si heureux ? Et pourquoi suis-je, moi Peter Jenni, si grognon ? Le désir d’aider ces enfants s’est fait fort en moi.

Ma femme s’est renseignée auprès de la commune sur les besoins des enfants Ede. Il s’est avéré que les familles manquaient souvent d’argent pour le matériel scolaire – livres, ustensiles d’écriture, sacs à dos – qu’elles devaient financer elles-mêmes, y compris l’uniforme scolaire. Les enfants dont la famille ne peut payer l’uniforme sont exclus de certaines activités scolaires. Par ailleurs, le système scolaire vietnamien repose aussi sur des cours de soutien que les enseignants donnent pour compléter leur salaire très bas, cours payés par les parents. Ma femme a donc commencé à dialoguer avec les écoles. Nous avons financé entre autres des sacs à dos et des manuels scolaires.

Rapidement, il est apparu nécessaire de structurer cette aide. J’ai alors décidé de créer une association à but non lucratif à Appenzell, en Suisse, en ayant aussi recours à mes contacts dans le pays.

Qu’est-il arrivé ensuite ?
Les premiers dons sont vite arrivés, ainsi que de plus en plus de demandes d’aide. Depuis, nous soutenons les personnes dans le besoin dans notre région de Đắk Lắk. Nous ne donnons jamais d’argent, mais toujours des aides en nature – en collaboration avec la commune, les écoles, l’union des femmes ou l’organisation pour la jeunesse du Parti communiste vietnamien. Sans ces partenaires, nous ne pourrions pas fournir une aide efficace. Nous ne pourrions pas non plus mener toutes les investigations et vérifications nécessaires.

Comment vous assurez-vous vous-mêmes de l’efficacité de votre aide ?
Nous évaluons aussi nous-mêmes si notre aide est appropriée. Par exemple, certaines familles touchées par l’Agent Orange qui font appel à nous reçoivent déjà suffisamment d’aide provenant d’autres sources ; dans ce cas, nous leur opposons un refus au profit d’autres personnes qui ont plus besoin de nous. Ce qui fonctionne bien aussi, c’est l’aide à l’autonomie : par exemple, nous mettons à disposition une vache dont nous sommes propriétaires et recevons en échange une part des produits obtenus. Nous prenons aussi en charge certains coûts, comme les examens et traitements vétérinaires. Ce modèle existe depuis un an et les premiers versements arrivent. Plutôt que de recevoir seulement de l’aide, les bénéficiaires deviennent ainsi des partenaires actifs. Ils contribuent eux-mêmes à l’amélioration de leur situation et prennent leurs responsabilités.

Comment est née la collaboration avec GCCH, qui dure depuis environ deux ans ?
Lors de la création de l’association, je cherchais des membres pour le comité. Mon cher ami, le pasteur et collaborateur de GCCH Jakob Vetsch, m’est alors venu à l’esprit. J’ai été alors le premier journaliste à écrire, il y a environ 30 ans, sur son service de conseil en ligne. Par ailleurs, Roland Wiederkehr, le fondateur de GCCH, a été mon instituteur à l’école primaire d’Uitikon-Waldegg. J’ai toujours suivi son travail, même si nous avions perdu contact après l’école. Bien sûr, la problématique de l’Agent Orange me lie aussi à l’engagement de GCCH. C’est grâce à cette coopération que j’ai pris conscience de la force de votre engagement, durable et efficace. C’est formidable de pouvoir accomplir beaucoup avec relativement peu de dons : par exemple, 300 francs suisses suffisent pour financer une place en accueil de jour durant toute une année pour un enfant gravement touché par l’Agent Orange. De plus, cela permet aux proches de travailler et de sortir leur famille de la pauvreté.

Tu as déjà évoqué ta motivation pour cet engagement, peux-tu la développer un peu plus ?
Environ 50 % du peuple Ede est analphabète. Selon moi, le premier pas essentiel hors de la pauvreté est l’éducation. C’est pourquoi nous mettons l’accent sur l’école, comme levier d’une aide durable. De petites aides – comme une calculatrice à 8 francs que la famille ne peut pas s’offrir – peuvent faire une grande différence. L’éducation permet aux jeunes de sortir les membres de leur famille d’une pauvreté extrême. Par exemple, certain·e·s trouvent un emploi en ville et peuvent ainsi subvenir aux besoins de leur famille. C’est pour moi une motivation essentielle.

Tout récemment, nous avons à nouveau distribué des sacs à dos scolaires dans une école – la joie était immense et m’a profondément touché. Ces enfants sont heureux de pouvoir aller à l’école, tout simplement. Ils sont profondément reconnaissants pour des choses qui nous semblent, à nous, tout à fait évidentes.

Y a-t-il d’autres projets couronnés de succès dont tu voudrais souligner l’efficacité ?
Oui, en plus de l’exemple déjà mentionné de la collaboration avec les écoles, je pense notamment à la livraison de repas pour des personnes en grande détresse, que nous pouvons organiser grâce à GCCH. J’aimerais illustrer cela à travers l’exemple d’une femme dans les quatre-vingts ans. Sa fille, âgée d’une quarantaine d’années, a été gravement atteinte par l’Agent Orange et nécessite des soins et une assistance constants. Elle ne peut que rester couchée, soit sur un lit, soit à même le sol. La première fois que je l’ai vue, elle ne faisait que crier. C’était très dur à supporter. Et pourtant, on m’a dit ensuite qu’elle s’était énormément réjouie de ma visite.
Il n’est pas possible de placer cette femme dans un centre spécialisé. Sa mère, donc dans les quatre-vingts ans, doit à la fois travailler et s’occuper de sa fille. Avec seulement 40 francs suisses, nous pouvons leur fournir les denrées alimentaires essentielles pendant un mois entier – un petit investissement qui fait une énorme différence.
Il est également très précieux que nous puissions identifier les personnes affectées par l’Agent Orange et organiser pour elles des examens médicaux et une aide adaptée. Dans ce domaine, nous collaborons efficacement avec GCCH, mais aussi, par exemple, avec la DAVA (« Da Nang Association for Victims of Agent Orange »).

Y a-t-il une expérience particulièrement marquante pour toi sur le plan émotionnel ?
De manière générale, les rencontres avec des personnes lourdement handicapées me touchent profondément. Cela va droit au cœur. C’est parfois à peine supportable. Mais cela donne aussi beaucoup : ne pas rester impuissant, mais pouvoir contribuer activement à l’amélioration de leur situation. Ce qui me touche particulièrement, c’est la gaîté et la gratitude immenses dont ces personnes font preuve, comme je l’ai déjà décrit. La joie des personnes gravement handicapées est parfois difficile à comprendre pour nous. Mais les proches qui les connaissent bien m’assurent : oui, elles se réjouissent réellement.

Et quel a été jusqu’à présent le plus grand défi ?
Le plus important est de réussir à collecter suffisamment de dons pour financer les projets. À part cela, nous maîtrisons bien le travail sur le terrain. Mon épouse est responsable des achats de biens humanitaires, moi de la collecte de fonds. Pour ce qui est de l’évaluation et de la mise en œuvre des projets, nous nous en occupons ensemble.
Un problème qui mériterait d’être davantage pris en compte est celui des déchets sauvages (le littering), qui représente un grand défi au Vietnam. Là aussi, on pourrait agir au niveau de l’éducation, en renforçant la conscience environnementale des populations – en particulier chez les enfants et les jeunes.

Quels sont tes souhaits pour l’avenir ?
Tout d’abord, je tiens à remercier GCCH. Cette collaboration est précieuse pour moi à deux niveaux : d’une part, elle me permet de garder un lien fort avec ma deuxième patrie, la Suisse. D’autre part, le travail de GCCH fait une vraie différence pour les personnes concernées.
Ce que je souhaite, c’est que ce travail puisse se poursuivre durablement. Et que nous puissions continuer à nous soutenir mutuellement.

Nous ne pouvons que te retourner ces remerciements du fond du cœur. Pour nous, il est essentiel d’avoir des partenaires sur place qui partagent nos valeurs et en qui nous pouvons avoir pleinement confiance.
Je suis tout à fait d’accord – et je me réjouis de notre future collaboration !

Nous aussi, cher Peter – un grand merci pour cet entretien !

21.03.2025

Un engagement urgent à Quang Tri

Un engagement urgent à Quang Tri

La province de Quang Tri est l’une des régions du Vietnam les plus durement touchées par les conséquences à long terme de la guerre du Vietnam. Green Cross Switzerland (GCCH) tient à attirer l’attention sur ces effets persistants, les efforts pour y remédier étant restés insuffisants jusqu’à présent. C’est précisément pour cette raison que GCCH est engagée au Vietnam depuis 1998.

Par ailleurs, la situation régresse : le nouveau gouvernement américain a mis un terme à des opérations cruciales de décontamination dans les zones gravement affectées par l’agent orange et les munitions non explosées. Cette décision va à l’encontre de la responsabilité historique des États-Unis. Il est à noter que ceux-ci n’ont, à ce jour, jamais apporté d’aide au développement classique aux populations touchées par l’agent orange, se limitant à des actions de réparation des dommages causés.

Dans les années 1960 et au début des années 1970, l’armée de l’air américaine a massivement bombardé le Vietnam. On estime que deux millions (!) de bombes larguées à l’époque reposent encore dans le sol, constituant une menace permanente pour la vie et l’intégrité physique des habitants. Depuis la fin de la guerre en 1975, ces engins ont fait environ 100 000 victimes.

Par ailleurs, l’agent orange, une arme chimique redoutable, a été utilisé à grande échelle à l’époque. Aujourd’hui encore, il continue de provoquer la naissance, chaque année, d’innombrables enfants atteints de lourds handicaps physiques et mentaux.

La province de Quang Tri figure parmi les zones les plus affectées par ces conséquences à long terme. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : bien que cette province ne représente qu’un peu plus de 1 % de la superficie du pays et compte moins de 1 % de sa population, elle concentre près de 10 % des victimes des munitions non explosées au Vietnam.

Face à cette situation, l’implication de GCCH était une évidence. Depuis l’année dernière, nous collaborons avec l’organisation ACDC, qui apporte une assistance essentielle aux personnes handicapées nécessiteuses de la province. Cette organisation joue un rôle crucial en matière de soutien social et psychologique, de rééducation, d’assistance orthopédique et d’aménagement du logement (pour en savoir plus, cliquez ici).

Pour nous, une chose est claire : il est indispensable de poursuivre et d’intensifier ces efforts, en particulier dans le contexte actuel, afin de venir en aide aux victimes de l’agent orange et des autres séquelles persistantes de la guerre du Vietnam.

Informations complémentaires :

Article de People’s World

Site Internet de notre organisation partenaire ACDC

21.03.2025

L’héritage toxique de la guerre du Vietnam

L’héritage toxique de la guerre du Vietnam

Un exemple édifiant : c’est ce que représente la guerre du Vietnam pour notre époque actuelle, marquée par les crises et les conflits. Son histoire illustre les ravages durables des guerres et la manière dont la souffrance perdure bien au-delà de la fin des hostilités, se répercutant sur plusieurs générations.

Le 30 avril de cette année marquera le cinquantième anniversaire de la fin de la guerre du Vietnam. Les conséquences multiples de ce conflit pour la population vietnamienne restent dramatiques, malgré le demi-siècle écoulé. Les séquelles sociales et psychologiques de la guerre sont encore profondément ancrées. D’innombrables mines et bombes non explosées jonchent toujours le sol, obligeant des milliers de personnes à vivre dans la peur. Cinquante ans plus tard, ces vestiges de la guerre continuent de blesser, mutiler et tuer. Mais un autre héritage tragique persiste : l’utilisation du défoliant surnommé « agent orange » par l’armée de l’air américaine et les alliés des États-Unis entre 1965 et 1970 a eu des conséquences désastreuses qui perdurent encore aujourd’hui.

Des enfants continuent de naître avec de graves handicaps physiques et mentaux liés à l’agent orange. Déjà, la quatrième génération est touchée, et le phénomène ne montre aucun signe d’essoufflement. Malheureusement, les efforts pour venir en aide aux victimes restent largement insuffisants. C’est précisément là qu’intervient Green Cross Switzerland (GCCH), engagée au Vietnam depuis 1998. L’une de nos missions essentielles est de fournir régulièrement des équipements orthopédiques aux personnes affectées par l’agent orange. Pour de nombreuses personnes, ces prothèses et orthèses sont indispensables pour gagner en autonomie et s’intégrer dans la société. Pourtant, elles demeurent inaccessibles pour la plupart des victimes, car leur coût élevé n’est pas pris en charge par l’assurance maladie.

Cette année, GCCH élargit non seulement ses projets d’aide au Vietnam par rapport à l’année précédente : l’impact de ses actions est également mis en lumière par la télévision suisse. Un reportage de l’émission « mitenand » sur SRF 1, diffusé le dimanche 23 mars à 19h15 (désormais disponible ici, en allemand), témoigne de l’impact éminemment positif des prothèses financées par GCCH. Il raconte l’histoire de Quyet, un garçon vietnamien de 9 ans dont la vie a été fondamentalement améliorée grâce à cette aide précieuse. L’histoire de Quyet illustre parfaitement ce que nous avons déjà accompli – et ce que nous continuerons à réaliser – pour des milliers de personnes, grâce au précieux soutien de nos partenaires et à la générosité de nos donateurs et donatrices.

En outre, GCCH participe à l’exposition « Une guerre sans fin. L’héritage toxique de la guerre du Vietnam – 50 ans après » :

Les personnes intéressées sont cordialement invitées à participer au vernissage le 17 avril à 18h. Ce sera l’occasion d’échanger avec des représentantes et représentants de Green Cross, de découvrir l’exposition avec nous et bien sûr d’en apprendre davantage sur notre engagement au Vietnam. Nous nous réjouissons de vous y rencontrer !

Les photos présentées dans l’exposition ont été réalisées par le photographe primé Roland Schmid. Il travaille depuis de nombreuses années avec notre partenaire, le journaliste indépendant, également photographe et cinéaste, Peter Jaeggi. Peter Jaeggi est notamment l’auteur du livre informatif et émouvant « Krieg ohne Ende. Chemiewaffen im Vietnamkrieg, Agent Orange und andere Kriegsverbrechen » (Guerre sans fin. Les armes chimiques dans la guerre du Vietnam, l’agent orange et autres crimes de guerre). Nous vous recommandons vivement la lecture de ce livre. Vous en apprendrez plus ici (article disponible en allemand et anglais uniquement).

Liens complémentaires :

La photo de cet article a été prise par Roland Schmid.

20.03.2025

Au Vietnam depuis 22 ans aux côtés des victimes de «l’agent orange»

L’équipe de GCCH a rencontré le Dr Daniel Hueskes et son fils Benjamin Hueskes. L’occasion pour les deux orthopédistes de nous parler de leur travail bénévole: la fourniture d’appareillages orthopédiques et la réalisation d’interventions chirurgicales sur des enfants et des jeunes adultes souffrant de handicaps.

Avant son premier voyage au Vietnam en 2003, Daniel Hueskes posa la question suivante à son fils: «Benjamin, qu’en penses-tu? Est-ce que c’est la bonne décision?» Son fils lui répondit alors ceci: «Oui, il te faudra juste renoncer à tes vacances.» C’est ainsi qu’il débuta sa coopération avec Green Cross Suisse il y a 22 ans.

L’une des priorités des projets d’orthopédie est qu’ils doivent avoir un impact durable. Fort de son expérience dans un autre projet, dans le cadre duquel il avait équipé 30 enfants d’orthèses puis, lors d’un contrôle de suivi, avait hélas dû constater que plus aucun des appareillages n’était présent sur leurs jambes, Daniel Hueskes se dit en 2003:

«Non, plus jamais ça! J’aimerais impliquer les (chirurgiens) orthopédistes locaux, et que le suivi médical soit réalisé avec des matériaux que l’on peut trouver au Vietnam. À défaut de pouvoir utiliser des matériaux de pointe, il faut encourager l’aide à l’entraide.»

Chez les enfants, dont la croissance est rapide, il est important que les orthèses et les prothèses puissent être renouvelées au bout d’un an. «Dès lors que la personne qui a confectionné la prothèse se trouve sur place, elle peut l’adapter en conséquence et fabriquer un nouveau plâtre», indique Daniel Hueskes.

Et Benjamin Hueskes d’ajouter: «L’idée est la suivante: former les gens au Vietnam pour qu’ils puissent réaliser le suivi médical eux-mêmes, y compris en notre absence. Cela a déjà été fait par le passé. Nous fournissons tout simplement un soutien ou conduisons des formations. Nous n’emmenons rien qui vienne de Suisse. L’idée n’est pas que les locaux nous demandent de fabriquer des plâtres et que nous les leur fournissions. Non, nous les confectionnons ensemble, sur place. Nous les aidons et nous les conseillons, mais ils sont parfaitement capables de faire cela eux-mêmes.»

Pour l’essentiel, les orthèses et prothèses nécessaires sont produites au Vietnam. Un point qui a son importance, car il faut tenir compte de plusieurs facteurs, dont par exemple l’humidité relative de l’air. Dans des cas exceptionnels, les orthopédistes vont au Vietnam en emportant du matériel depuis Bâle. Actuellement, ils préparent le suivi médical d’une jeune femme. Celle-ci n’a pas de tibia et ses os sont anormalement courts. Sans prothèse, elle marche sur son articulation. Pendant la pandémie, elle a été équipée de prothèses qui, néanmoins, pèsent 3,5 kg. Elle vient d’obtenir son premier emploi et se réjouit de pouvoir mener une vie autonome. Au travail, elle doit néanmoins porter ses lourdes prothèses en permanence. Raison pour laquelle deux éléments d’adaptation pour pied prothétique viennent de Suisse. Des éléments qui pèsent au moins 1,5 kg de moins, ce qui facilitera quelque peu le quotidien de la jeune femme.

«Je voulais savoir s’il voulait vivre»

Dans le cadre de leur bénévolat, Daniel et Benjamin Hueskes ont fait la connaissance de nombreuses personnes frappées par le destin. Nous leur avons demandé si, parmi les gens qu’ils avaient rencontrés au Vietnam jusqu’à aujourd’hui, il y avait une histoire qui leur était particulièrement restée en mémoire. «Oui», a répondu le Dr Hueskes avec émotion.

C’est quoi, l' »agent orange »?

L’agent orange est un défoliant chimique contenant de la dioxine (TCDD), un composant extrêmement toxique. Il doit son nom aux bandes de couleur orange peintes sur les fûts dans lesquels il était stocké. Au total, l’armée de l’air américaine en a épandu 45 677 837 litres entre 1962 et 1971, afin de détruire la jungle et de se donner un avantage stratégique dans la guerre du Vietnam. L’agent toxique TCDD perdure très longtemps dans l’environnement, et il est encore présent aujourd’hui dans les sols, les cours d’eau et, par conséquent, la chaîne alimentaire. Ce poison entraîne des mutations génétiques héréditaires, des malformations et de graves maladies.

Dr. Daniel Hueskes

Dès les années 1960, à l’époque des malformations dues au Contergan, Daniel Hueskes développe et fabrique des équipements orthopédiques innovants pour les enfants nés avec des membres atrophiés ou manquants.

La prise de Contergan, un médicament somnifère et sédatif, entraîne une recrudescence des malformations graves et de membres manquants chez les nouveau-nés.

27.02.2025

Kits d’énergie solaire pour l’Ukraine

Kits d’énergie solaire pour l’Ukraine

Pour Green Cross Switzerland (GCCH), il est essentiel que l’engagement envers les personnes aille de pair avec la préservation de l’environnement. En améliorant l’approvisionnement énergétique de manière durable, nous aidons des personnes dans le besoin et contribuons simultanément à la protection de l’environnement et du climat ainsi qu’au développement de nouvelles technologies. Au Vietnam, par exemple, nous soutenons des centres de jour pour personnes handicapées qui sont financés exclusivement par des dons. L’installation de panneaux solaires permet de réduire considérablement les coûts d’électricité, libérant ainsi des fonds qui sont investis de manière ciblée dans les soins et l’accompagnement.

Un approvisionnement en électricité gravement perturbé en Ukraine

La guerre en Ukraine a fortement compromis l’approvisionnement en électricité dans de nombreuses régions. Les dommages causés aux infrastructures critiques entraînent des coupures de courant fréquentes, plongeant non seulement les foyers, mais aussi les écoles, les jardins d’enfants, les hôpitaux et les abris de protection civile dans des situations difficiles, voire désespérées. C’est là que nous intervenons en fournissant des kits d’énergie solaire qui permettent un approvisionnement autonome en électricité. GCCH a déjà livré 22 kits solaires pour soutenir les populations de Tchernihiv, Kherson et Kharkiv et favoriser l’acquisition d’une expertise permettant la fourniture de kits supplémentaires à grande échelle.

Des tests rigoureux pour des solutions durables

Les kits solaires économiques prévus pour le projet ont été soumis à des tests approfondis, ce qui a constitué une étape importante du projet. Pour cela, GCCH a bénéficié de l’expertise de l’entreprise zurichoise d’électricité EKZ (« Elektrizitätswerke des Kantons Zürich »), qui a évalué leur fonctionnalité dans des conditions réalistes. Des éléments essentiels, tels que la construction d’un pare-vent fiable et le choix de composants adaptés au montage en Ukraine, ont été soigneusement examinés. EKZ a également simulé divers scénarios d’utilisation, comme le chargement de téléphones portables, la production d’eau chaude ou le fonctionnement d’un réfrigérateur. Enfin, la capacité des batteries a été minutieusement testée. En complément, EKZ a rédigé un manuel d’installation et d’utilisation clair et accessible afin de permettre aux utilisatrices et utilisateurs d’installer les kits solaires de manière appropriée et sans grande difficulté.

Perspectives : une expansion rapide lors de résultats concluants

Si la phase pilote s’avère concluante, GCCH mettra rapidement en œuvre la distribution à grande échelle de kits solaires en Ukraine. Par conséquent, nous recherchons des partenariats avec d’autres sponsors afin d’aider encore plus de personnes et d’institutions confrontées à des pénuries d’électricité. Le choix des panneaux solaires et des composants dépendra notamment des besoins spécifiques de chaque site (p. ex. grandes institutions). L’objectif visé consiste à mettre à disposition une électricité urgemment nécessaire tout en promouvant des technologies durables. Cette solution ne dépend toutefois pas exclusivement de l’énergie solaire étant donné que les batteries des kits peuvent également être rechargées sur secteur.

24.01.2025

Projet de refuge pour animaux à Tchernihiv

Projet de refuge pour animaux à Tchernihiv

La guerre en Ukraine ne touche pas uniquement des dizaines de millions de personnes, mais également d’innombrables animaux. De nombreux refuges pour animaux se trouvaient déjà dans une situation précaire avant l’attaque russe, et la guerre n’a fait qu’aggraver leur situation : le nombre d’animaux abandonnés, errants et négligés a considérablement augmenté. On note une recrudescence d’actes de cruauté envers les animaux, et les refuges font cruellement défaut. L’un des objectifs de la fondation Green Cross Switzerland (GCCH) est de nous aider à assumer notre responsabilité envers l’environnement. Les animaux, qui en sont une composante essentielle, méritent notre engagement : nous ne pouvons rester passifs face à leur souffrance et leur détresse, mais devons agir ensemble pour leur venir en aide.

C’est dans cette optique que, depuis le début de la guerre, GCCH soutient les refuges pour animaux en Ukraine en leur fournissant de la nourriture, des médicaments et d’autres produits de première nécessité. Nous allons désormais plus loin en préparant la construction d’un nouveau refuge à Sosnyzja, Tchernihiv. Ce choix repose sur le constat que la région souffre d’un manque criant de refuges pour animaux et qu’aucun bâtiment approprié ne peut être réaménagé pour remplir cette fonction. De surcroît, cette région relativement pauvre, durement frappée par la guerre et encore marquée par les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl, constitue depuis longtemps une priorité pour les actions de GCCH.

À la fin de l’année dernière, les élus locaux ont décidé d’attribuer un terrain à la construction du refuge. Si les démarches de planification et d’obtention des autorisations nécessaires se déroulent sans accroc, les travaux devraient commencer au printemps. Le projet prévoit l’utilisation de matériaux respectueux de l’environnement ainsi que l’installation d’un système d’énergie solaire. La commune soutient GCCH dans la gestion administrative et applique un loyer réduit pour le terrain. Compte tenu de sa situation financière difficile, elle n’est malheureusement pas en mesure de le fournir gratuitement.

Le refuge sera conçu pour accueillir au moins 80 animaux, principalement des chiens et des chats. Chaque année, environ 300 à 400 animaux devraient bénéficier de soins médicaux, et l’objectif est de trouver un nouveau foyer pour près de 200 d’entre eux.

Dans le cadre du programme de soutien psychologique de GCCH, le refuge jouera également un rôle auprès des enfants, adolescents et adultes affectés par la guerre, tout en remplissant une mission éducative. Chaque année, des centaines d’enfants et de familles participeront aux activités pédagogiques organisées par le refuge. Les participants seront sélectionnés en collaboration avec les écoles locales, les centres communautaires et les orphelinats, en accordant la priorité aux enfants ayant des besoins spécifiques ou dont les circonstances personnelles sont particulièrement difficiles. Ce programme éducatif vise à promouvoir l’empathie, une gestion responsable des animaux domestiques et une meilleure compréhension du bien-être animal.

Par ailleurs, le refuge prévoit d’accompagner chaque année environ 100 à 150 personnes à travers des thérapies assistées par les animaux. Ces bénéficiaires, traumatisés par les horreurs de la guerre, seront orientés vers le refuge par des institutions telles que des hôpitaux, des cliniques psychiatriques ou des organisations de vétérans.

Le projet est prévu pour une durée initiale de 24 mois. Une évaluation sera réalisée au cours de la deuxième année afin de déterminer la suite du projet. Fidèle au principe fondamental de notre fondation, qui est d’aider les populations à devenir autonomes, GCCH aspire à ce que le refuge puisse, à terme, fonctionner sans son soutien. Les habitants et les autorités locales sont impliqués autant que possible dans le projet.

28.11.2024

Soutien psychologique & social renforcé

Soutien psychologique & social renforcé

Chers donateurs, chers donatrices

Grâce à votre précieux soutien, Green Cross Switzerland œuvre depuis un quart de siècle en faveur des personnes touchées par l’agent orange, une substance chimique nocive dont les restes sont répandus au Vietnam. Ces personnes ont besoin d’une prise en charge médicale spécialisée et durable. Ainsi, nous nous concentrons sur le renforcement des structures locales : la formation continue du personnel médical spécialisé, l’aménagement d’ateliers d’orthopédie ou encore le soutien aux centres de soins de jour ont permis d’apporter des améliorations durables dans de nombreuses régions.

Au-delà de l’aide médicale, nous mettons en place un soutien social et psychologique pour lutter contre l’exclusion des personnes concernées, qui sont souvent rejetées non seulement par la société, mais aussi par leurs propres familles. L’accompagnement par les pairs constitue un pilier essentiel de notre programme : des personnes en situation de handicap (Persons with disabilities, PWD) ayant réussi à s’intégrer dans la vie sociale accompagnent les autres en partageant leur expérience.

Les PWD bénéficient d’un suivi individuel visant à développer leur autonomie dans la vie quotidienne et leur intégration sociale. Des outils d’évaluation standardisés permettent de mesurer leurs progrès et de concevoir des plans d’action personnalisés. En outre, les PWD sont formées aux tâches de conseillers entre pairs (Train-the-Trainer, TOT). Elles peuvent ensuite effectuer des visites à domicile et accompagner régulièrement d’autres PWD et leurs familles.

Nous mettons également l’accent sur l’accessibilité des logements, qui sont adaptés aux besoins des personnes en situation de handicap, par exemple en installant des portes larges, des rampes et des passages accessibles.

En outre, les PWD et leurs familles bénéficient également d’un soutien psychologique. Nous prenons en charge les problèmes de santé psychique tels que le stress, l’anxiété ou la dépression et, dans ce cadre, appliquons le modèle de l’OMS pour les soins psychologiques communautaires. Les agents de santé locaux suivent des formations spécifiques pour repérer les troubles mentaux, enseigner des techniques de gestion du stress et de l’anxiété et, le cas échéant, orienter les personnes concernées vers des spécialistes.

Des groupes de soutien entre pairs se réunissent chaque trimestre pour échanger sur leurs expériences, notamment les techniques de gestion du stress qu’ils ont apprises.

Seuls vos dons réguliers nous permettent désormais de soutenir les victimes de l’agent orange dans ces domaines tout aussi importants. Nous vous en sommes extrêmement reconnaissants, comme le sont les personnes qui bénéficient de cette aide concrète au quotidien.

 

 

31.10.2024

Coopération avec l’association Ukraine Hilfe

Coopération avec l’association Ukraine Hilfe

Cet automne, Green Cross Switzerland (GCCH) a entamé une collaboration avec l’association suisse « Ukraine Hilfe ». Cette association est intervenue en Ukraine peu après le début de la guerre, et a construit jusqu’à présent près de 120 modules d’habitation destinés à offrir un logement d’urgence aux personnes ayant perdu leur maison en raison de la guerre. Grâce à cette initiative, Ukraine Hilfe contribue de manière significative à permettre aux Ukrainiens de rester dans leur pays, voire sur leur lieu de résidence, tout en leur redonnant espoir. Autant que possible, les modules d’habitation sont installés sur le terrain de la maison détruite ou rendue inhabitable, un facteur psychologique essentiel pour les résidents. Dans la mesure où les circonstances de la guerre le permettent, les habitants peuvent ainsi demeurer dans leur environnement habituel.

Les résidents sont sélectionnés par la commune, les modules demeurant la propriété de celle-ci. Cela garantit que ces logements d’urgence sont attribués à des personnes qui en ont réellement besoin et évite tout usage détourné. Autre avantage des modules d’habitation : leur statut temporaire. Considérés comme des structures mobiles, ils ne nécessitent pas de permis de construire et peuvent être déplacés si nécessaire – un atout crucial en temps de guerre. Bien isolés, les modules restent habitables pendant les hivers ukrainiens rigoureux, même en cas de coupure de courant. Enfin, leur production locale à Vinnytsia en réduit les coûts et favorise l’économie de ce pays en guerre.

Cet automne, GCCH s’engage activement dans le projet en finançant deux grands modules d’habitation entièrement équipés. En partenariat avec notre organisation locale en Ukraine, nous accompagnerons étroitement les familles qui y seront installées, probablement dans la région de Tchernihiv. Cette région se trouve dans la zone la plus touchée par la catastrophe de Tchernobyl. Cette zone autour de Tchernobyl a toujours été au cœur des missions de GCCH.

Cette coopération avec l’association Ukraine Hilfe inclut également la plantation de plusieurs dizaine de milliers d’arbres, un engagement que GCCH espère poursuivre dans les années à venir. Étant donné que les modules d’habitation sont en grande partie en bois et que la durabilité est une valeur fondamentale de notre fondation, nous tenons à promouvoir la reforestation. Planter des arbres qui, au fil des années, deviendront des forêts offre de nombreux avantages. La forêt joue un rôle essentiel pour l’écosystème, fortement endommagé par la guerre. De plus, la part de surface boisée en Ukraine reste (bien trop) faible comparée à d’autres pays. Chaque arbre planté est par ailleurs une contribution à la protection du climat mondial et donc, à l’avenir de l’humanité.

Pour en savoir plus sur l’engagement de l’association Ukraine Hilfe, veuillez consulter leur site.

20.09.2024

Vietnam : La formation, un levier essentiel

Vietnam : La formation, un levier essentiel

Depuis sa création, l’autonomisation des individus est au cœur de la mission de Green Cross Switzerland. L’éducation y joue un rôle fondamental, car elle offre aux personnes les moyens d’améliorer de façon autonome leur propre vie ainsi que celle de leur entourage. Comparée à d’autres formes d’aide humanitaire ou au développement, l’éducation est efficace à long terme et répond au critère de durabilité, qui est tout aussi central pour Green Cross.

Dans le cadre de notre programme SOCMED au Vietnam (Social and Medical Care and Education), la formation initiale et continue occupe une place prépondérante. Dans les régions rurales reculées, les infrastructures médicales sont souvent insuffisantes. Par conséquent, les handicaps des enfants passent souvent inaperçus trop longtemps, avec des conséquences graves et très tristes pour toute leur vie. D’un point de vue positif, une intervention précoce peut considérablement améliorer leurs conditions de vie, ainsi que celles de leurs proches, et, en fin de compte, profiter à la société tout entière. C’est dans ce cadre que nous intervenons avec la Community-Based Rehabilitation (CBR), qui consiste en la formation d’agents de santé locaux.

Cet été, plusieurs sessions de formation ont été organisées dans le district de Yen Son, à Tuyen Quang. Deux classes réunissant 58 participants ont été encadrées par trois médecins spécialisés en rééducation de l’hôpital Huong Sen. En outre, des formations ont été proposées aux employés municipaux, répartis en dix classes avec un total de 335 participants. Ces sessions visaient à transmettre et renforcer les connaissances de base sur la détection et l’intervention précoces chez les enfants atteints de handicaps mentaux et physiques dans la communauté. Il s’agissait aussi de maîtriser les processus administratifs et organisationnels nécessaires.

Un large éventail de sujets a été abordé dans le domaine du développement de l’enfant (de la naissance à l’âge de 16 ans), ainsi que sur le dépistage et l’intervention précoces. Cela comprend la paralysie cérébrale (notamment la rigidité musculaire et les troubles de la motricité), la scoliose (malformations), les déficiences mentales, les troubles du langage, l’autisme et les pieds bots, ainsi que les lésions secondaires fréquentes (escarres, raideurs articulaires, contractures musculaires, malpositions, etc.).

De manière plus générale, ces formations visent également à sensibiliser la société au sens large aux besoins des personnes handicapées, car le dépistage précoce est essentiel pour pouvoir apporter une aide efficace. L’objectif est aussi de garantir que les personnes handicapées puissent participer aux activités sociales sur un pied d’égalité, car elles sont encore trop souvent exclues de la vie sociale, voire parfois même de la vie familiale.